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Vidéo : une spirule filmée pour la première fois dans son milieu naturel

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Crédits : capture d'écran SchmidtOcean

Pour la toute première fois, une équipe de biologistes a pu filmer une spirule dans son environnement naturel, à plusieurs centaines de mètres de profondeur. 

La spirule (Spirula spirula) est une espèce de céphalopode connue par les collectionneurs de coquilles, que l’on retrouve dans le monde entier. Nous savons que ces animaux d’à peine sept centimètres de long, ressemblant à des seiches ou à certains calmars (mais qui ne sont pas du même ordre) sont présents dans toutes les mers tropicales et subtropicales. Pourtant, malgré leur omniprésence, ils savent se faire très discrets. À vrai dire, jusqu’à présent, aucun spécimen n’avait été filmé dans son milieu naturel.

Ces premières images, nous les avons enfin. Elles ont été filmées par un véhicule télécommandé (ROV) de Institut Schmidt Ocean à plus de 860 mètres de profondeur au large de la Grande Barrière de corail.

«Je les cherche depuis longtemps», explique à Sciencealert le zoologiste Michael Vecchione, qui étudie les calamars au Smithsonian National Museum of Natural History. «Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il s’agisse d’une spirule». Le chercheur en récolte souvent en mer pour les étudier, mais il n’avait jamais observé le moindre spécimen évoluer au sein de son habitat naturel.

Pascal Neige, spécialiste des céphalopodes à l’Université de Bourgogne (France), a également jugé ces images «très excitantes».

La tête en haut

Autre point intéressant : ces animaux développent une coquille interne leur permettant de gérer leur flottabilité. Elle se trouve de l’autre côté de la tête. Celle-ci étant plus lourde, il apparaît donc normal qu’elle soit « suspendue » vers le bas, comme c’est le cas dans les aquariums. Or ici, le céphalopode est filmé à la verticale avec la tête en haut. Ce qui évidemment, n’a pas manqué de surprendre les chercheurs.

Ceci dit, Michael Vecchione rappelle que ces animaux possèdent également un organe générateur de lumière appelé photophore, situé près de la coquille flottante. Autrement dit, cela signifie que si la spirule est suspendue la tête en bas, cette lumière est tournée vers le haut, ce qui est inhabituel pour les animaux des grands fonds.

En effet, dans la zone crépusculaire de nos océans, les prédateurs attaquent généralement pas le bas, levant les yeux vers le haut. Les proies comme la spirule se servent alors de leur « lampe » pour masquer leur silhouette. C’est pourquoi il est préférable que la lumière soit tournée vers le bas. Le fait que ce spécimen soit orienté la tête en haut, avec sa « lampe » dans le sens inverse, paraît donc un peu plus logique.

Néanmoins, encore une fois, sa tête est censée être plus lourde. C’est pourquoi les chercheurs s’interrogent encore sur ce mode de déplacement. Est-il habituel ? Évoluent-ils également la tête en bas ? Nous aurons besoin de plus d’observations pour résoudre ce mystère.