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Une épidémie de peste silencieuse tue les pumas de Yellowstone

Crédits : loyflocas/pixabay

Une étude menée auprès des pumas de l’Ouest américain montre que les félins sont régulièrement touchés par la bactérie responsable de la peste.

À l’Ouest du Wyoming se trouve Jackson Hole, une vallée dans laquelle réside une importante population de pumas. Un jour, durant l’hiver 2006, le collier GPS de l’un des spécimens suivi par les membres de l’association Panthera transmet une alerte indiquant que l’animal n’a pas bougé depuis huit heures. Les chercheurs se rendent sur place, pour finalement retrouver le félin – une femelle nommée F018 – mort au pied d’un arbre. Son petit de trois mois gisait également sans vie à côté d’elle.

Il a été au départ suggéré que la mère et son petit étaient morts de faim, mais les analyses d’échantillons de tissus ont finalement révélé la véritable responsable de ces deux décès : Yersinia pestis. Pour rappel, c’est cette bactérie qui est à l’origine de la peste noire qui, au milieu du IVe siècle, a tué 30 à 50 % des Européens en cinq ans. Soit environ 25 millions de personnes.

Suite à cet épisode malheureux les chercheurs ont alors équipé 28 autres pumas de colliers GPS, et les ont suivi entre 2005 et 2014 pour détecter d’autres signes de la présence du bacille mortel.

Près de la moitié des pumas touchés

Au cours de cette étude, onze des félins ont été retrouvés après leur mort et quatre d’entre eux, dont les deux trouvés en 2006, avaient été victimes de la peste. Les chercheurs ont également prélevé du sang sur les 17 autres pumas et analysé les échantillons à la recherche d’anticorps, l’empreinte chimique laissée par le système immunitaire après avoir combattu une infection. Et huit de ces tests sont finalement revenus positifs.

Au total, détaillent les chercheurs dans la revue Environmental Conservation, environ 43% des pumas étudiés ont été, à un moment donné, confrontés à la peste.

« Nous commençons à avoir une idée claire de la difficulté d’être un lion des montagnes à Jackson Hole », explique le biologiste Howard Quiqley, co-auteur de l’étude, qualifiant même de “survivants” les félins qui parviennent à atteindre l’âge adulte.

La manière dont les félins se retrouvent infectés n’est pas encore très claire. Nous savons que l’agent pathogène vit dans le sol, avant d’être capté par les puces vivant sur les rongeurs. Il est donc possible que la bactérie remonte ensuite la chaîne alimentaire pour finalement infecter les proies dont se nourrissent les pumas.

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Crédits : skeeze/pixabay

Pour rappel, chez l’Homme, cette maladie n’appartient pas qu’au passé. Si de nos jours les traitements antibiotiques restent efficaces, la peste touche encore en moyenne 600 personnes dans le monde chaque année. La plupart du temps par le biais des puces équestres. Des épidémies plus importantes peuvent également encore survenir. En 2017, notamment, l’une d’elles a coûté la vie à 202 personnes à Madagascar.

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