in

Il y a de nombreux restes d’invertébrés dans votre sachet de thé

sachet thé invertébrés
Crédits : StockSnap/Pixabay

Une équipe de chercheurs annonce avoir identifié les traces de plusieurs milliers d’insectes dans quelques dizaines de sachets de thé seulement. L’analyse de cet ADN environnemental (ADNe) pourrait permettre une meilleure biosurveillance des communautés d’arthropodes à l’avenir.

L’importance de l’ADN environnemental

Les arthropodes, le groupe animal le plus diversifié, sont au cœur de la fonction des écosystèmes. La surveillance de ces communautés est donc importante pour comprendre leur diversité et leurs interactions. À la lumière des récents rapports sur le déclin des insectes, elle devient même essentielle.

Les arthropodes sont souvent suivis par des « échantillonnages passifs », par exemple avec des pièges à fosse. Cependant, de telles méthodes présentent des inconvénients, notamment le fait de ne capturer souvent qu’un sous-ensemble de la diversité souhaitée. De plus, le piégeage passif est généralement mortel et ne fournit aucune information sur les interactions arthropodes-plantes. Or, ces dernières sont essentielles pour comprendre l’écologie et déduire les conséquences des pertes ou des invasions d’espèces.

Au cours de ces dernières années, l’approche de l’ADN environnemental (ADNe) s’est peu à peu imposée comme une alternative efficace à la surveillance traditionnelle des arthropodes.

Tout comme nous, les arthropodes laissent derrière eux des morceaux d’eux-mêmes partout où ils vont. Ces traces comprennent diverses sécrétions et autres morceaux d’exosquelettes contenant des signatures ADN.

Il a été démontré que diverses sources contiennent de l’ADNe de divers organismes, par exemple l’eau, le sol, le contenu des intestins et les surfaces des plantes. Dans le cadre d’une étude, des chercheurs ont exploré le potentiel du matériel végétal séché. Pour ce faire, ils se sont concentrés sur les sachets de feuilles de thé. Des échantillons ont été collectés dans un magasin spécialisé en Allemagne. Les résultats de ces travaux, publiés dans la revue Biology Letters, ont été surprenants.

arthropodes insectes thé
Crédits : pasja1000/Pixabay

Une étonnante diversité

D’après les analyses, les chercheurs auraient en effet identifié les traces de 3 264 invertébrés représentant environ 1 200 espèces, dont des araignées, des cafards, des acariens, des mouches, papillons et autres mantes dans seulement quarante échantillons.

« Ce qui m’a vraiment surpris, c’est la grande diversité que nous avons détectée« , souligne le généticien Henrik Krehenwinkel, de l’Université de Trèves. « Par exemple, nous avons identifié les traces de 400 espèces d’insectes dans un seul sachet de thé vert« .

Les auteurs soupçonnent que cette étonnante diversité est due à la façon dont les herbes séchées sont traitées. Lorsqu’elles sont broyées, l’ADN de toutes les parties du champ où ces feuilles sont cultivées (y compris probablement des herbes errantes, insectes et œufs) serait conservé et mélangé avec.

Cet ADN environnemental pourrait fournir aux chercheurs des informations essentielles. « Le matériel végétal séché semble parfaitement adapté comme nouvel outil pour surveiller les arthropodes et les interactions arthropodes-plantes, détecter les ravageurs agricoles et identifier l’origine géographique du matériel végétal importé« , écrit l’équipe dans son étude. À terme, nous pourrions imaginer que des collections végétales conservées dans les musées pourraient également être exploitées pour comprendre comment les communautés d’insectes ont évolué dans le temps.