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Un système d’alerte en préparation pour éviter les collisions de satellites

Crédits : Agence spatiale européenne

La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) développe un nouveau système capable d’alerter les opérateurs en cas de rapprochement dangereux de leurs satellites avec d’autres objets. Or, il s’agit d’une préoccupation croissante compte tenu de l’encombrement de l’orbite terrestre.

Ce n’est un secret pour personne : l’orbite terrestre est de plus en plus encombrée. On dénombre à ce jour pas moins de 23 000 objets dans l’espace de plus de dix centimètres, quand certaines prévisions prévoient plus de 57 000 nouveaux satellites d’ici 2030. Avec autant de matière dans l’espace, les risques de collisions sont naturellement de plus en plus importants, ce qui pourrait accentuer le nombre de mini-débris dans l’espace.

Dans le but d’anticiper d’éventuelles rencontres indésirables, certains opérateurs développent leur propre système d’alerte. C’est notamment le cas SpaceX avec ses satellites Starlink capables de manœuvrer de manière autonome en cas de possibles collisions à venir. Un certain nombre d’entreprises commerciales fournissent également ce type de services de suivi de l’espace. Toutefois, les données disponibles ne sont généralement pas suffisantes pour éviter le moindre risque.

La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) développe quant à elle un nouveau système capable de s’appuyer sur davantage de données. Son prototype, baptisé Open-Architecture Data Repository (OADR), a été présenté le 11 février dernier.

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Crédits : Agence Spatiale européenne (ESA)

Une alerte météo (de l’espace)

Concrètement, il s’agit d’une base de données cloud gardant un oeil sur la population croissante en orbite terrestre. Pour ce faire, l’OADR collecte des données à partir d’un certain nombre de balayages différents de capteurs au sol qui couvrent ensemble une grande partie du globe. L’OADR est relié à la fois à des stations au sol affiliées au gouvernement américain et à un réseau de stations commerciales. Les données comprennent également les plans de télémétrie et autres manœuvres en direct d’autres satellites.

Muni de l’ensemble de ces données, ce système dresse ensuite une image en temps réel de l’environnement orbital. En cas de rapprochement douteux, le système envoie une alerte aux opérateurs concernés, comme vous pourriez recevoir un avertissement météorologique si vous êtes sur le point d’essuyer une tempête.

Comme dit plus haut, l’OADR est toujours en cours de développement (il s’agit d’un prototype). Selon l’équipe en charge du projet, le système doit encore résoudre certains problèmes avec l’automatisation des processus de collecte et de prédiction des données. Si tout se passe comme prévu, il pourra néanmoins être pleinement opérationnel d’ici 2025.

Enfin, notez que l’OADR sera destiné à suivre de manière préventive les plus grandes menaces. En revanche, il faudra probablement un certain temps avant qu’un système plus poussé puisse être capable de suivre les millions de débris plus petits susceptibles, eux aussi, de créer de réels dommages.