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La sonde japonaise a rapporté plus d’échantillons d’astéroïde que prévu

Crédits : Un aperçu des échantillons de l'astéroïde Ryugu rapportés par la sonde japonaise. Crédits : JAXA

La sonde Hayabusa-2 est revenue sur Terre le 6 décembre dernier avec dans ses bagages des échantillons de l’astéroïde Ruygu. Les chercheurs japonais viennent de confirmer le contenu « extraterrestre » de la capsule, soulignant au passage que la sonde a également collecté plus de matière que prévu.

Il y a quelques années, la JAXA, l’agence spatiale japonaise, s’est fixé un objectif de taille : récolter et rapporter sur Terre des échantillons d’astéroïde. Dans cet esprit, l’agence a jeté son dévolu sur un objet nommé Ryugu, une roche de 900 mètres de diamètre retrouvée à environ 350 millions de kilomètres de notre planète. Puis elle a développé une sonde, nommée Hayabusa2.

Lancée en 2014, celle-ci a finalement rejoint l’objet en 2018, avant de se poser dessus par deux fois l’année suivante. Au cours de ces manœuvres, des échantillons ont été recueillis avec succès, à la fois en surface mais aussi à quelques centimètres de profondeur. En novembre 2019, la sonde Hayabusa2 a ensuite entamé son voyage de retour vers la Terre. Elle a finalement largué sa capsule d’échantillon le 6 décembre dernier dans le sud de l’Australie.

De la poussière, des cailloux et du gaz

Il y a quelques heures, la JAXA nous a partagé plusieurs photos de ces échantillons, confirmant au passage leur nature « extraterrestre ». On y découvre alors de la poussière et des petits « cailloux » aussi gros que des grains de café (photo d’en-tête).

D’après l’agence japonaise, la sonde a également réussi à « attraper » un peu de gaz présent à la surface de l’astéroïde, ce qui n’a jamais été fait auparavant. S’adressant aux journalistes, le directeur du projet Hayabusa2, Yuichi Tsuda, a décrit cette mission comme « une étape scientifique majeure ».

En outre, la sonde a également collecté plus de matériel que prévu, ce qui est une autre très bonne nouvelle. Les chercheurs de la JAXA pourront ainsi élargir la portée de leurs travaux et éventuellement partager ces éléments avec des experts extérieurs, y compris ceux de la NASA.

À noter que la matière analysée ici est celle recueillie à la surface de Ryugu. La seconde chambre de stockage contenant les matériaux souterrains, qui ont été rassemblés lors du deuxième « toucher » de la sonde, n’a pas encore été ouverte. Toutefois, la JAXA prévoit de le faire la semaine prochaine.

échantillons ryugu
Une partie des échantillons de poussière recueillis par la sonde japonaise. Crédits : JAXA

Ces échantillons quasiment « vierges » depuis 4,6 milliards d’années pourraient fournir des indices sur la formation du système solaire. Ils aideront également à déterminer le rôle joué par ces objets riches en carbone dans l’apparition de la vie sur Terre.

Quant à Hayabusa2, elle poursuit aujourd’hui sa route et vise désormais une nouvelle cible : l’astéroïde 1998 KY26, une roche à rotation rapide d’environ trente mètres de diamètre se positionnant entre les orbites de Mars et de la Terre. La sonde spatiale devrait pouvoir l’atteindre en 2031.