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La NASA achète les droits de futurs échantillons lunaires à bas prix

L'équipage d'une mission Artemis à la surface de la Lune près du pôle sud (vue d'artiste).

La NASA vient d’acheter les droits de quatre lots de futurs échantillons lunaires recueillis par des sociétés privées. Montant total de l’investissement : 25 001 dollars US seulement. Mais pourquoi est-ce aussi peu cher ?

La Chine s’apprête à rapporter sur Terre les premiers nouveaux échantillons lunaires depuis le programme américain Apollo (1969 à 1972) et la mission soviétique Luna 16 (1970). Tous ces échantillons ont jusqu’à présent été recueillis à des fins scientifiques, sans but commercial. Toutefois, l’environnement extra-atmosphérique est en train d’évoluer.

Plusieurs agences publiques et sociétés privées ambitionnent en effet de s’établir durablement dans l’espace, que ce soit sur la Lune ou même sur Mars, quand d’autres visent à extraire des matériaux sur des astéroïdes. Aussi, le fait de prélever de la matière extraterrestre pour la ensuite la vendre à un tiers sera bientôt monnaie courante. Et c’est la NASA qui ouvre le bal.

Créer un précédent

L’agence américaine vient en effet de signer des accords avec quatre entreprises privées. Celles-ci collecteront des roches lunaires au cours des prochaines années, puis les céderont à la NASA.

Nous pensons qu’il est très important d’établir un précédent selon lequel des entités du secteur privé peuvent extraire des ressources extraterrestres, et que la NASA peut les acheter et les utiliser pour alimenter ses activités“, a déclaré Mike Gold, administrateur associé par intérim de la NASA pour les relations internationales et interinstitutions. “Ces transactions ouvrent une toute nouvelle ère de collaboration entre les secteurs public et privé dans le cadre de l’exploration lunaire puis, finalement, de la planète Mars“.

Les responsables de la NASA soulignent que ces activités respecteront le Traité sur l’espace extra-atmosphérique (OST), le document de 1967 qui constitue la base du droit international de l’espace. Certes, l’OST interdit aux nations de revendiquer la souveraineté sur un territoire en dehors de la Terre. Cependant, il n’interdit pas l’utilisation et la vente des ressources cosmiques.

lune nasa
Crédits : NASA

Des contrats à bas prix

Les quatre sociétés et leurs attributions de contrat sont Masten Space Systems (15 000 dollars US), ispace Europe (5 000 dollars US), ispace Japan (5 000 dollars US) et Lunar Outpost (un dollar US symbolique). Pourquoi est-ce aussi peu cher ? Parce que la NASA ne paie que pour le matériel collecté, et non pour les coûts de développement de ces entreprises qui avaient déjà prévu de se poser sur la Lune.

Les trois sociétés Masten Space Systems, ispace Europe et Lunar Outpost prévoient en effet de collecter leurs échantillons dans la région polaire sud en 2023. De son côté, Ispace Japan collectera des échantillons en 2022 sur Lacus Somniorum, une plaine située dans la partie nord-est de la face visible de la Lune. Chaque ensemble d’échantillons pèsera entre cinquante à cinq-cents grammes.

Pour l’heure, on ne sait pas si NASA prévoit de rapatrier ces échantillons. Après tout, l’agence en possède déjà 342 kilos rapportés entre 1969 et 1972 dans le cadre de son programme Apollo. Tout ce que nous savons, c’est qu’une fois collecté, ce matériel deviendra “la propriété exclusive de la NASA”.