in

Que sait-on de cet ancien poisson géant récemment découvert ?

Hyneria udlezinye poisson
Crédit : Gess, Ahlberg, 2023, PLOS One

Une équipe de paléontologues annonce avoir identifié les restes du plus grand poisson osseux de l’assemblage fossile du Dévonien supérieur de la ferme de Waterloo, en Afrique du Sud. Il y a environ 350 millions d’années, ce membre géant du clade éteint des Tristichoptéridés, chassait les eaux des rivières sur l’ancien supercontinent sud du Gondwana. Les détails de l’étude son publiés dans la revue PLOS One.

Baptisé Hyneria udlezinye, il s’agit du plus grand poisson osseux jamais enregistré depuis le Dévonien supérieur (il y a 383 millions à 359 millions d’années). Physiquement, imaginez une créature ressemblant un peu à un Garpique alligator moderne, mais avec un visage plus court. Sa gueule contenait des rangées de petites dents, mais aussi plusieurs paires de crocs qui pouvaient probablement atteindre cinq centimètres de long chez les plus gros individus.

H. udlezinye était un prédateur, se nourrissant probablement de créatures à quatre pattes connues sous le nom de tétrapodes, le groupe ancestral qui a conduit à la lignée humaine. D’après les analyses, ses nageoires tiraient principalement vers l’arrière du corps. Il s’agit d’une caractéristique écologique d’un prédateur en attente capable, grâce à une impulsion soudaine, de surgir sur sa proie rapidement.

Près de trois mètres de long

Les chercheurs ont trouvé les premiers indices de l’existence de cet ancien poisson au milieu des années 90, avec la découverte d’une série d’écailles fossilisées isolées sur un site de fouilles appelé Waterloo Farm, en Afrique du Sud. Au cours des années suivantes, l’équipe de Robert Gess, paléontologue au musée d’Albany et à l’Université de Rhodes en Afrique du Sud, a poursuivi les fouilles et reconstitué son squelette.

Identifier la créature comme un tristichoptéridé géant n’a pas été le plus difficile. Toutes les caractéristiques des os conservés s’inscrivent en effet parfaitement dans la gestalt générale et la gamme de variation typique de ces poissons. Une identification précise est plus difficile, car la diversité de ces grands prédateurs est étonnamment élevée. Des comparaisons faites avec d’autres poissons du genre ont finalement permis de déterminer qu’il s’agissait bien d’une nouvelle espèce pour la science.

En supposant des proportions corporelles similaires à celles de Mandageria, le seul grand tristichoptéridé pour lequel il a été possible d’assembler une reconstruction du corps entier, la longueur totale du corps de ce spécimen allait de 180 à 190 cm.

Certains os isolés, cependant, proviennent d’individus plus gros. Sur la base de ces fossiles, les chercheurs suggèrent que certains individus pouvaient atteindre une longueur corporelle possible d’au moins 2,7 mètres. Cette gamme de taille est similaire à celle des autres tristichoptéridés géants.

Hyneria udlezinye poisson
Les écailles découvertes. Crédits : Robert Gess, Per Ahlberg

Rappelons que les tristichoptéridés ont disparu lors d’une extinction massive à la fin du Dévonien, il y a environ 359 millions d’années. Ces créatures n’ont pas de descendance directe, mais on pense qu’un ancêtre commun avec notre lignée ancestrale existait plus tôt dans le Dévonien. À ce titre, nous pourrions ainsi considérer ces poissons géants non pas comme des ancêtres directs, mais plus comme des cousins germains.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.