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Pourquoi sommes-nous plus enclins à consommer de la junk food après avoir arrêté de fumer ?

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Une récente étude étasunienne a apporté la conclusion suivante : les anciens fumeurs vivant mal le sevrage de nicotine ont tendance à consommer davantage de calories. Or, la nourriture vers laquelle ces personnes se tournent volontiers n’est autre que la junk food, célèbre pour sa haute teneur en gras et en sucre.

Le système opioïde au cœur du processus

En 2016, une étude australienne se posait la question suivante : la junk food est-elle mauvaise pour l’intelligence ? En menant une expérience sur des souris, les chercheurs ont noté des changements conséquents dans la composition du microbiote intestinal des différents spécimens. Or, les rongeurs devenus accros à la junk food ont obtenu de moins bons résultats à des tests de mémorisation et de flexibilité cognitive.

La junk food est au cœur d’autres travaux, cette fois publiés dans le Journal of Drug and Alcohol Dependence le 1er août 2021. Menée par le Département de Psychiatrie de l’école de médecine de l’Université du Minnesota (États-Unis), cette étude montre que le système opioïde fait en sorte que les anciens fumeurs ont tendance consommer des aliments gras et sucrés, et ce dans le but de combler le vide.

Très largement distribués dans le système nerveux central ainsi que dans plusieurs tissus périphériques, les peptides opioïdes et les récepteurs opioïdes – du système opioïde – jouent un rôle important dans la dépendance, mais aussi dans la régulation de l’appétit. Selon les chercheurs de l’étude, les personnes arrêtant de fumer voient leur système opioïde les guider vers la junk food, et donc potentiellement vers la prise de poids.

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Mieux accompagner les sevrés

Les médecins ont tenté de comprendre les mécanismes à l’œuvre dès l’arrêt du tabagisme en examinant des groupes de fumeurs et non-fumeurs âgés de 19 à 75 ans. Le but était de vérifier si le sevrage aigu de nicotine augmentait ou non la consommation de malbouffe. Il s’agissait également de comprendre comment agissent les récepteurs anti-stress du système opioïde. Selon les résultats, les patients en sevrage de nicotine consomment davantage de calories que les autres.

Il s’avère que les aliments riches en sucre, en gras (et en sel) aident ces personnes en apportant une réponse à la détresse qu’engendre l’arrêt du tabagisme. Enfin, ces recherches peuvent avoir une certaine importance, car il s’agirait de donner les moyens de mettre en place un meilleur accompagnement des personnes désirant stopper le tabac sans risquer une importante prise de poids. Il faut dire que chez les fumeurs, cette crainte est très présente et a souvent raison de toute motivation au sevrage.