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Pourquoi avons-nous parfois le hoquet ?

Crédits : fancycrave1 /pixabay

Visiblement inutile chez les enfants et les adultes, le hoquet pourrait jouer un rôle vital dans le développement du cerveau des bébés dans l’utérus.

Le hoquet, qu’est-ce que c’est ? Un réflexe, répond Peter Kahrilas, gastro-entérologue à l’École de Médecine Feinberg de l’Université Northwestern à Chicago (États-Unis). Le médecin prend pour analogie le réflexe rotulien, lorsqu’un médecin vous tape légèrement le genou avec un marteau. Autrement dit, c’est une réaction involontaire.

Concernant le hoquet, une stimulation de l’œsophage ou de l’estomac va amener le tronc cérébral à envoyer des signaux au diaphragme et aux autres muscles respiratoires, les obligeant à se contracter involontairement. Vous êtes alors victime de prises d’air soudaines. De son côté, l’épiglotte (derrière la langue) se retourne, couvrant les voies respiratoires et provoquant le « hic » caractéristique du hoquet.

Un entraînement à la respiration ?

Ça, c’est pour la mécanique. Mais y a-t-il un but à ces hoquets ? « Pour les adultes, ce ne sont que des nuisances, poursuit le chercheur. Ils sont essentiellement inutiles ». En revanche, certains chercheurs pensent que le hoquet peut aider le foetus à apprendre à respirer dans l’utérus.

Il y a quelques semaines, une étude s’est penchée sur l’activité cérébrale associée au hoquet chez les nourrissons. Pour ces travaux, des chercheurs ont surveillé l’activité cérébrale de 217 nouveaux-nés. Ils ont en parallèle fait la même chose avec 13 nourrissons subissant un épisode de hoquet. Ils ont alors découvert que ces épisodes stimulaient trois types d’ondes cérébrales différents dans le cortex des nouveaux-nés.

Des études antérieures ont montré que les contractions musculaires involontaires in utero envoient des signaux au cortex. Les chercheurs proposent que ce processus enseigne au cerveau où se trouvent ces parties du corps afin que les nourrissons puissent les contrôler une fois plus grands. Au regard des résultats de l’étude expliquée ci-dessus, il est donc possible que quelque chose de similaire puisse se produire avec le hoquet chez les nouveaux-nés.

« Nous savons que la contraction musculaire involontaire, dans les études animales, permet au cerveau de former une « carte corporelle » du corps, explique Lorenzo Fabrizi, de l’University College de Londres, qui a dirigé l’étude. Donc en extrapolant cette information, nous pourrions imaginer que la contraction du diaphragme permet au cerveau du bébés de former une carte de l’appareil respiratoire in utero afin qu’il puisse être contrôlé à volonté plus tard dans la vie ».

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Crédits : JillWellington/Pixabay

Cette théorie a du sens dans la mesure où, in utero, nous recevons de l’oxygène depuis le placenta de notre mère. En revanche, dès que nous venons au monde, notre vie dépend essentiellement de notre capacité à respirer par nous-même immédiatement.

Si l’on part de ce postulat, c’est donc grâce au hoquet que vous pouvez aujourd’hui respirer profondément pour vous calmer ou respirer de manière optimale en plein effort sportif. Tout se serait joué dans l’utérus, alors que vous étiez en pleine formation respiratoire. Au final, ces « hics » répétés ne seraient, à l’âge adulte, que des « restes » de cet entraînement précoce.

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