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Voici les plus vieilles traces de feux de végétation connues à ce jour

Phytoclastes calcinés découverts dans les sols du Pays de Galles et datant de 430 millions d'années. Crédits : Ian Glasspool & Robert Gastaldo, 2022.

À quand remontent les premières traces de feux de végétation sur Terre ? De nouveaux travaux nous renvoient 430 millions d’années dans le passé, au Silurien, à un moment où les premières formes de végétation colonisaient les continents. Il s’agissait toutefois de formations bien différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui. Les résultats ont été publiés dans la revue Geology le 13 juin dernier.

Les plus vieux incendies connus à ce jour correspondent aux plus anciennes traces de charbon de bois identifiées dans les archives naturelles. Elles étaient jusqu’à très récemment portées à 420 millions d’années. Or, suite à la découverte de nouveaux échantillons dans les sols de Pologne et du Pays de Galles (Royaume-Uni), cet horizon d’ancienneté est désormais repoussé de dix millions d’années.

feux de végétation
Paléogéographie du Silurien et zones échantillonnées par les chercheurs (étoiles rouges). Rumney correspond à l’actuel Pays de Galles et Winnica à la Pologne. L’âge des formations de charbon de bois découvertes est reporté par une flèche rouge sur la frise à gauche. Le précédent record d’ancienneté est également indiqué (Ludford Lane charcoal). Crédits : Ian Glasspool & Robert Gastaldo, 2022.

Comme le montre la figure ci-dessus, les traces correspondent à des domaines anciennement situés près de l’océan. « Il semble maintenant que les preuves de feux coïncident étroitement avec celles des plus anciens macro-fossiles de plantes terrestres », relate Ian Glasspool, auteur principal de l’étude. « Ainsi, dès qu’il y a présence de combustible, du moins sous forme de macro-fossiles de plantes, les incendies apparaissent presque instantanément ».

Des conditions favorables à la propagation des feux de végétation

En ces temps reculés, point d’êtres humains pour déclencher les brasiers. Une des seules sources d’inflammation disponibles était la foudre qui pouvait déclencher la propagation de feux de végétation en présence d’une atmosphère suffisamment oxygénée. Les chercheurs placent ce seuil aux alentours de 16 %, à comparer aux 21 % de dioxygène présents de nos jours.

Phytoclastes (débris de bois) calcinés découverts dans les sols du Pays de Galles et datant de 430 millions d’années. Crédits : Ian Glasspool & Robert Gastaldo, 2022.

« Si vous descendez en dessous de ce niveau, vous pourriez initier un feu, mais il ne va pas se propager », explique Ian Glasspool. « Donc, lorsque vous regardez la probabilité de trouver du charbon de bois dans les archives, vous n’en trouverez vraiment que si ce feu a pu se propager et vous pouvez mettre une valeur seuil minimale sur l’oxygène atmosphérique lorsque vous trouvez du charbon de bois ».

Ainsi, selon les analyses effectuées par les scientifiques, le taux de dioxygène au Silurien était vraisemblablement similaire, voire supérieur à l’actuel. Ces résultats permettent de jeter un regard nouveau sur le cycle du carbone de l’époque et de contraindre avec plus de précision les modélisations numériques effectuées par les paléoclimatologues pour reconstituer les climats de ces périodes reculées.