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De nouveaux indices sur l’origine mystérieuse des ptérosaures

Crédits : iStock

Des chercheurs ont peut-être résolu l’un des mystères les plus persistants de la paléontologie. À savoir déterminer les origines évolutives des ptérosaures.

Les ptérosaures – les premiers vertébrés à proposer le vol motorisé – est un groupe de reptiles ayant émergé il y a environ 220 millions d’années, avant de s’éteindre à la fin du Crétacé il y a 66 millions d’années. Malgré cet incroyable succès évolutif, les paléontologues en savent encore très peu sur leurs origines. De nouvelles recherches publiées dans la revue Nature identifient enfin un possible groupe précurseur de ces reptiles volants.

Une analyse de plusieurs fossiles découverts en Amérique du Nord, au Brésil, en Argentine et à Madagascar suggère en effet que les ptérosaures sont liés aux Lagerpetidae – un groupe énigmatique de petits reptiles qui vivaient pendant la période triasique, il y a entre 237 millions et 210 millions d’années.

La plupart de ces animaux étaient relativement petits – mesurant moins d’un mètre de longueur – et ne volaient pas encore. Au premier regard, il apparaît ainsi difficile de relier ces reptiles aux ptérosaures, ce qui explique probablement pourquoi ils ont été ignorés pendant si longtemps. Pourtant, l’analyse de plusieurs squelettes, dont certains ont été découverts il y a des décennies, vient d’aboutir à la découverte d’au moins 33 traits qui soutiennent un véritable lien avec ces anciens maîtres du ciel.

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Illustrations de plusieurs spécimens de Lagerpetidae. Crédits : Virginia Tech

Les Lagerpetidae ont “préparé le terrain” pour les ptérosaures

Ces traits notables incluent des dents à trois cuspides, des os de main allongés, un petit bassin et des os de cheville fusionnés. Enfin, ces animaux présentaient des caractéristiques crâniennes laissant à penser qu’ils avaient un bon sens de l’équilibre – un indice possible sur l’origine du vol motorisé.

« À l’aide de tomodensitométries micro-calculées, nous avons pu reconstruire numériquement le cerveau et l’oreille interne des Lagerpetidae en utilisant les restes fossilisés de deux espèces connues : Dromomeron gregorii et Ixalerpeton brasiliensis », explique Martin Ezcurra, de l’Université de Birmingham. « L’oreille interne propose une région formée de trois canaux disposés dans trois plans différents… et des études sur des animaux vivants montrent que des canaux avec un degré de courbure plus élevé se produisent chez des animaux agiles ayant un excellent sens de l’équilibre ».

Notez que cette caractéristique incurvée est observée à la fois chez les Lagerpetidae et les ptérosaures, mais aussi chez les oiseaux qui ont émergé des millions d’années plus tard.

«De même, le cerveau de ces animaux développait un cervelet, qui joue un rôle important dans le traitement des informations sensorielles , poursuit le chercheur. Or, des études antérieures ont indiqué que le cervelet de grande taille des ptérosaures était probablement lié au vol». Aussi, le fait que cette caractéristique anatomique soit apparue avant le vol laisse à penser qu’elle a été exploitée (et non développée) par les ptérosaures, leur permettant finalement de conquérir le ciel.

Martin Ezcurra convient cependant que l’étude est encore un peu limitée par la pénurie de fossiles disponibles de Lagerpetidae. « Certains aspects de leur anatomie nous sont encore inconnus, dit-il. Une grande partie de leur comportement, et comment ils se sont transformés en animaux capables de voler reste un mystère complet ».