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La néophobie alimentaire ou lorsque les enfants rejettent les nouveaux aliments

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Crédits : patat / iStock

Le refus de goûter à de nouveaux aliments tels que des viandes et autres fruits et légumes  concerne environ la moitié des enfants. Il s’agit ici de néophobie alimentaire. Or, cela représente une étape normale et transitoire dans le développement de l’enfant.

Une véritable « phase d’arrêt »

Face à un plat inconnu, les enfants atteints de néophobie alimentaire peuvent avoir des réactions différentes : détourner la tête, repousser la fourchette, grimacer, recracher ou encore trier les aliments dans l’assiette. La néophobie alimentaire (ou sélectivité alimentaire) concerne la moitié des enfants de 18 mois à 6 ans et 77 % des enfants de 2 à 6 ans selon le magazine Parents.

L’enfant passe tout d’abord par une phase de découverte des aliments, puis de diversification alimentaire (vers 6/8 mois) avant l’ingestion d’aliments que son système digestif peut complètement supporter. Ensuite, peut apparaître la néophobie alimentaire, une véritable phase d’arrêt qui est tout à fait normale dans le cadre du développement de l’enfant.

Selon la docteur en psychologie Liliane Hanse, il existe trois niveaux de néophobie alimentaire. Le premier niveau, qui concerne 39 % des enfants, est relatif à la demande de goûter un plat avant de le consommer. Le second (32 % des enfants) implique une intervention des parents pour inciter fortement l’enfant à manger. Le troisième niveau (6 % des enfants) engendre quant à lui un refus catégorique de tout aliment nouveau.

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Crédits : Kwangmoozaa / iStock

Réprimander et punir l’enfant : une erreur

La néophobie alimentaire peut se produire du jour au lendemain. L’enfant commence alors à refuser à peu près tout ce qui lui est proposé. Pour la nutritionniste Florence Solsona, les parents doivent faire preuve de psychologie, car plus ils sont calmes, plus la néophobie alimentaire peut passer rapidement. Elle peut certes s’installer durant plusieurs années, mais il s’agit de cas beaucoup plus rares, par exemple lorsque l’enfant découvre qu’il peut avoir un pouvoir sur ses parents. Ainsi, lorsque l’enfant refuse de goûter à un aliment, la dernière chose à faire est de le réprimander. Il faut simplement lui dire que c’est bon et lui montrer que tout le monde peut en manger. L’important est qu’il ne se sente pas puni. Autrement dit, le priver de dessert serait une erreur.

Selon la science, les aliments les plus souvent rejetés sont les viandes, les fruits et légumes ainsi que les aliments au goût relevé. En effet, la néophobie alimentaire serait une sorte d’atavisme de protection contre l’ingestion d’aliments toxiques hérité de nos ancêtres.