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Une équipe du MIT veut sonder la présence de vie sur Vénus

Illustration de la planète Vénus. Crédits : JAXA / ISAS / DARTS / Damia Bouic

Dans un rapport récent, une équipe du Massachusetts Institute of Technology (MIT) présente le plan scientifique et la justification d’une série de missions financées par le secteur privé visant à rechercher des signes de vie dans l’atmosphère de Vénus. La première de ces missions pourrait être lancée dès 2023.

Il y a quelques mois, des astronomes annonçaient la possible présence de phosphine, indicateur potentiel de la vie, dans l’atmosphère de Vénus à une altitude comprise entre 35 et 50 km, où les pressions et températures sont semblables à la Terre. Finalement, une étude publiée ensuite soulignait que la possible phosphine découverte dans l’atmosphère de Vénus n’était probablement que du dioxyde de soufre ordinaire.

Plus récemment, un article publié dans Nature allait dans le même sens, arguant que les conditions dans les nuages ​​vénusiens ne sont en aucun cas compatibles avec la vie telle que nous la connaissons.

Malgré ces différents résultats, certains chercheurs croient encore en l’idée que les nuages de Vénus puissent abriter plusieurs formes de vie microscopique.

Venus Life Finder

Ces scientifiques ont relevé plusieurs anomalies chimiques atmosphériques inexpliquées, y compris le « mystérieux absorbeur d’UV » ou les profils d’abondance verticale d’O2, de SO2 et d’H2O. Ils soulignent également la présence d’ammoniac (NH3) et n’écartent toujours pas l’idée de la présence de phosphine (PH3).

Selon des chercheurs du MIT, ces anomalies, qui persistent depuis des décennies, pourraient être liées aux activités de la vie dans l’atmosphère vénusienne ou indiquer une chimie inconnue qui mérite d’être explorée. Dans cet esprit, ils proposent une série de missions décousues financées par le secteur privé et destinées à répondre à ces interrogations : les missions « Venus Life Finder ».

« Alors que les gens spéculent sur la vie dans les nuages ​​de Vénus depuis des décennies, nous sommes désormais en mesure d’agir avec des missions rentables et hautement ciblées« , peut-on lire dans un communiqué. « La série de missions VLF que nous proposons vise à étudier les particules nuageuses de Vénus et à poursuivre là où les missions de sonde in situ pionnières d’il y a près de quatre décennies se sont arrêtées. Le monde est au bord d’une révolution dans la science spatiale« .

À partir des résultats expérimentaux, les chercheurs spéculent que la vie pourrait évoluer dans des vésicules de lipides résistants aux acides ou bien neutraliser l’acide sulfurique en produisant de l’ammoniac, ce qui peut réduire le pH de l’acide sulfurique à un niveau plus « tolérable ». Enfin, la vie vénusienne pourrait s’appuyer sur une biochimie capable de tolérer l’acide sulfurique, distincte de tout ce qui se trouve sur Terre.

vénus
Crédits : JAXA

Trois missions envisagées

La première des missions devrait être lancée en 2023, et gérée et financée par Rocket Lab. La fusée Electron de la société enverrait un vaisseau en direction de Vénus. Ce vaisseau lâcherait ensuite une mini-sonde permettant un survol de trois minutes à travers les nuages ​​vénusiens à plus de 38 000 km/h. Le but de cette brève descente sera d’analyser un peu d’atmosphère.

Sur la base de leurs recherches, l’équipe a sélectionné un instrument appelé néphélomètre autofluorescent. Petit, léger (à peine 1kg), bon marché et pouvant être construit rapidement, l’instrument est actuellement développé par deux sociétés. L’une, appelée Cloud Measurement Solutions, est basée au Nouveau-Mexique. La seconde, appelée Droplet Measurement Technologies, est basée au Colorado.

Concrètement, une fois dans l’atmosphère de Vénus, cet instrument viserait à projeter un laser sur les particules nuageuses, provoquant l’éclairage ou la fluorescence de toutes les molécules complexes qu’elles contiennent. De nombreuses molécules organiques comme le tryptophane, un acide aminé, ont en effet des propriétés fluorescentes.

Alors que cette mission pourrait nous fournir des données intéressantes sur l’atmosphère de la planète, elle sera probablement insuffisante pour détecter de véritables signes de vie. Quelles que soient ces découvertes, une prochaine mission est déjà prévue pour 2026. Celle-ci impliquerait cette fois l’envoi d’une charge utile plus importante avec un ballon capable de passer plus de temps dans les nuages ​​de Vénus pour y mener des expériences plus approfondies. 

Enfin, les résultats de cette mission pourraient préparer le terrain pour le point culminant de cet incroyable projet :  rapporter un échantillon de l’atmosphère de Vénus sur Terre.