in

Des microplastiques retrouvés près du sommet de l’Everest

Crédits : Wikimedia Commons.

Des microplastiques ont été trouvés quasiment partout sur la Terre, de l’Arctique jusqu’au fond des tranchées océaniques. Récemment, des chercheurs en ont également trouvé sur le mont Everest, et notamment près de son sommet.

Des fragments microscopiques de plastique ont été retrouvés dans les endroits les plus reculés de la planète. Certains sont transportés par les eaux, tapissant désormais les profondeurs des océans. Des microplastiques ont également été découverts dans la glace de l’Arctique, comme de l’Antarctique. Pendant ce temps, d’autres empruntent la voie des airs avant de pleuvoir sur les montagnes. C’est du moins le cas dans les Pyrénées, mais aussi dans l’Himalaya et son plus gros mastodonte : l’Everest.

Dans la revue One Earth, des chercheurs de l’Université de Plymouth expliquent avoir isolé ces microplastiques dans plusieurs échantillons de neige et d’eau de ruisseau recueillis lors d’une expédition printanière dans l’Everest en 2019. La grande majorité de cette pollution se trouvait autour des deux camps de base de l’Everest, où se côtoient de nombreux alpinistes chaque année. Néanmoins, ils ont également isolé plusieurs de ces microplastiques non loin du sommet, jusqu’à 8 440 mètres d’altitude.

« Je ne savais pas à quoi m’attendre en termes de résultats, mais cela m’a vraiment surpris de trouver des microplastiques dans chaque échantillon que j’ai analysé», déplore Imogen Napper, principale auteure de l’étude. « Le mont Everest est un endroit que j’ai toujours considéré comme distant et vierge. Savoir que nous polluons son sommet est une véritable révélation ».

Les vêtements des alpinistes

Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs ont également pu déterminer quels types de pollution plastique étaient présents sur le plus haut sommet du monde. « Les échantillons ont montré des quantités significatives de fibres de polyester, acrylique, nylon et polypropylène », explique la chercheuse. « Ces matériaux sont de plus en plus utilisés pour fabriquer des vêtements d’extérieur haute performance utilisés par les alpinistes, ainsi que des tentes et des cordes d’escalade ».

Le fait d’appréhender les différentes sources de plastique présents sur l’Everest permettra de gérer cette pollution plus efficacement. En raison de leur petite taille et de leur abondance apparente, les microplastiques sont en effet très difficiles à nettoyer. Ainsi, limiter notre dépendance aux produits qui en contiennent sera la clé de nos efforts pour limiter les dégâts.

« Actuellement, les efforts environnementaux ont tendance à se concentrer sur la réduction, la réutilisation et le recyclage des déchets plus volumineux », poursuit Imogen Napper. « C’est important, mais nous devons également commencer à nous concentrer sur des solutions technologiques plus profondes axées sur les microplastiques, comme le changement de conception des tissus ».

éverest
Embouteillage au sommet de l’Everest.
Crédits : @nimsdai / Twitter

Notez que les microplastiques ne sont pas les seuls polluants retrouvés sur l’Everest. Tentes, matériel d’escalade cassé, bouteilles de gaz vides ou encore excréments… Au cours des dernières décennies, la plus haute montagne du monde s’est en effet transformée en véritable dépôt d’ordures laissés par les touristes.