in

Les fonds marins contiennent 14 millions de tonnes de microplastiques !

Crédits : Pixnio

Dans la mesure où les océans contiennent de nombreux microplastiques, les fonds marins ne pouvaient évidemment pas y échapper. Une étude australienne récente évoque un total de 14 millions de tonnes de microplastiques tapissant les fonds marins. Ceux-ci sont le résultat de la décomposition des immenses quantités de déchets plastiques échouant chaque année dans les océans.

Un puits pour les microplastiques

En décembre 2019, un chercheur de l’Université de Californie à San Diego (États-Unis) avait estimé qu’il y aurait un million de fois plus de plastique dans les océans que prévu. Selon l’étude en question, il y a en moyenne 8,3 millions de morceaux de plastique pour 1 000 litres d’eau dans l’océan. Cette étude avait inclus une nouveauté par rapport aux études antérieures, à savoir la prise en compte des plus petites particules.

Dans le cadre de cette nouvelle étude réalisée par l’Agence nationale australienne pour la recherche (CSIRO) et publiée dans la revue Frontiers in Marine Science le 5 octobre 2020, les 14 millions de tonnes de microplastiques estimées sont une quantité 25 fois supérieure à celle évoquée par les précédentes études sur le sujet. Par ailleurs, il s’agit de la toute première évaluation des microplastiques présents dans les fonds marins à l’échelle mondiale.

Afin de formuler cette estimation, le CSIRO a mobilisé un robot sous-marin. Ce dernier a prélevé des échantillons au large de l’Australie à une profondeur allant jusqu’à 3 000 m. Pour Denise Hardesty, principale chercheuse de cette étude, l’océan profond est un puits pour les microplastiques. Néanmoins, l’intéressée n’a pas caché son étonnement quant à l’énorme quantité de particules plastiques observée dans des zones aussi lointaines.

Prendre de nouvelles mesures

Selon les chercheurs, dans les zones où les déchets flottants sont plus nombreux, il y a généralement davantage de fragments de microplastique au niveau du fond marin. La pollution plastique se dégrade dans l’océan, se transforme en microplastique puis s’enfonce. Les directeurs de l’étude appellent à la mise en place de mesures visant à contrer la pollution plastique affectant à la fois les écosystèmes, la faune ainsi que la santé humaine.

“Le gouvernement, l’industrie et la population doivent travailler ensemble pour réduire de manière significative la quantité de déchets que nous voyons le long de nos plages et dans nos océans” a déclaré Denise Hardesty.

microparticules plastiques
Crédits : Oregon State University / Flickr

En août 2020 pour la toute première fois, des chercheurs l’Université d’État de l’Arizona (États-Unis) ont attesté de la présence de micro et nanoplastiques dans des tissus humains. En ce qui concerne les risques toxicologiques potentiels pour l’Homme, des études épidémiologiques devront prouver les hypothèses existantes. Il se pourrait toutefois que l’ingestion de plastique sur le long terme augmente le risque de cancer et d’infertilité.