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Le manque de sommeil rend les personnes plus égoïstes et asociales

Crédits : fizkes / iStock

Une étude britannique récente tend à démontrer que chaque heure de sommeil perdue contribue à une baisse de l’envie d’aider les autres et d’établir des rapports sociaux. Ces recherches s’ajoutent à la liste d’études rappelant que le sommeil est primordial dans nos vies.

Le manque de sommeil affecte la capacité à s’entraider

En 2019, une étude montrait à l’aide d’IRM et de polygraphies du sommeil que les nuits blanches peuvent augmenter l’anxiété de plus d’un tiers chez les individus. Et si les nuits blanches rendaient également les gens plus égoïstes et asociaux ? Selon une étude parue dans la revue PLOS Biology le 23 août 2022, c’est effectivement le cas.

« Il s’agit de la première étude qui montre sans aucune ambiguïté que le manque de sommeil affecte directement la capacité à s’entraider » a déclaré au quotidien The Guardian le Pr Russell Foster, directeur de l’institut Sleep and Circadian Neuroscience de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) et principal auteur de l’étude.

Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs ont réuni 160 volontaires afin de répondre à un questionnaire. Le document avait pour sujet l’altruisme d’un point de vue personnel après une nuit de sommeil. Les questions y évoquaient des situations de personnes ayant besoin d’aide et les réponses étaient graduelles afin de permettre aux volontaires d’exprimer à quel point ils étaient capables ou non de fournir leur aide. Par ailleurs, les scientifiques ont soumis les participants à des tests comparables à différentes dates dans le but de comparer les réponses données après une bonne nuit de sommeil et après une nuit agitée.

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Crédits : Ridofranz / iStock

Un impact sur le réseau cérébral cognitif social

Selon les résultats, il est question d’une baisse de 78 % du taux l’altruisme en moyenne chez les personnes ayant passé une nuit durant laquelle le sommeil était perturbé ou réduit. Ensuite, les chercheurs ont effectué des scanners cérébraux chez les volontaires. Ces examens ont montré que le manque de sommeil réduit de manière significative l’activité du réseau cérébral cognitif social, c’est-à-dire la région du cerveau qui joue un rôle dans le comportement social. Les chercheurs ont donc affirmé que le manque de sommeil altérait la volonté d’aider les autres, même s’il s’agit d’amis ou de membres de la famille. Pire encore, la perte de sommeil peut même déclencher un comportement asocial.

Les chercheurs ont également tenté de comprendre les conséquences de ce phénomène à plus grande échelle. Ils ont ainsi étudié environ trois millions de dons de charité effectués aux États-Unis avant et après le dernier changement d’heure (synonyme de perte de sommeil s’il s’agit d’avancer le réveil de 60 minutes). Or, durant la transition entre les deux périodes, les chercheurs ont observé une baisse des dons à hauteur de 10 %.

Pour Russell Foster et son équipe, ces travaux viennent alimenter les connaissances concernant le manque de sommeil. Non seulement la perte de sommeil en quantité, mais aussi en qualité a un impact négatif sur le bien-être mental et physique, mais cela altère aussi les liens entre les individus. Enfin, il faut savoir que cet état n’est pas irréversible puisque le désir d’aider les autres et d’établir des liens sociaux revient après une bonne nuit de sommeil.