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Manger durant la nuit est-il mauvais pour la santé ?

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Quitter son lit douillet pour grignoter quelque chose la nuit est déjà arrivé à la plupart des gens. Toutefois, si ces petites fringales nocturnes se produisent trop souvent, il peut s’agir d’un  trouble particulier : l’hyperphagie nocturne.

Un trouble du comportement alimentaire

Un bout de pain avec du fromage, un morceau de brioche avec du chocolat ou encore quelques biscuits… le choix peut être vite fait lorsqu’il s’agit de sortir du lit la nuit dans le but d’assouvir une petite faim qui peut arriver de temps à autre à n’importe qui. En revanche, il faut veiller à ce que cela ne se produise pas trop souvent. Dans un article publié le 14 avril 2021 par Doctissimo, la diététicienne-nutritionniste Véronique Liesse est formelle. Si un individu se lève souvent durant la nuit pour grignoter, il peut s’agir d’hyperphagie nocturne (ou boulimie nocturne).

Ce trouble du comportement alimentaire (TCA) se caractérise par une forte envie de se lever la nuit pour manger, parfois même sans faim réelle. La spécialiste rappelle qu’il est réellement question de boulimie nocturne si les fringales apparaissent plus de deux fois par semaine sur au moins six mois. Par ailleurs, ce TCA concerne autant les hommes que les femmes.

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Un véritable cercle vicieux

Se lever la nuit pour manger peut s’expliquer par différentes raisons. L’individu a peut-être manqué d’apports alimentaires dans la journée. En conséquence, son organisme ressent une hypoglycémie et n’hésite pas à réclamer. Cela n’a alors absolument rien de pathologique. Citons également la frustration alimentaire. Certaines personnes contrôlent en effet strictement leur alimentation dans la journée. La nuit, ils “craquent” donc et mangent tous types d’aliments, même ceux qu’ils s’interdisent en journée (trop gras ou trop sucrés). Ce laisser-aller après la privation renforce le sentiment de vouloir se contrôler durant la journée, si bien qu’un véritable cercle vicieux se met en place. L’hyperphagie nocturne peut également découler d’un fort sentiment de stress, d’anxiété ou encore en cas de dépression. Dans ce cas, les aliments sur lesquels l’individu porte son choix sont réconfortants, par exemple des bonbons, du chocolat et des gâteaux.

Malheureusement, l’hyperphagie nocturne occasionne une prise de poids. En effet, l’apport alimentaire nocturne n’est pas dépensé, en l’absence d’activité. De plus, les aliments assouvissant ces fringales de nuit sont souvent de véritables bombes caloriques. Une étude de 2017 avait découvert que se nourrir vers 3h du matin (au moment du pic de production de mélatonine) favorisait le stockage des graisses.

Pour rappel, les TCA tels que l’anorexie mentale, la boulimie ou l’hyperphagie touchent 5 à 10 % de la population.