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Les serviettes pour les mains, nids à bactéries selon une étude

Crédits : Jasmin Sessler - Pixabay

Selon une étude canadienne, se sécher les mains avec une serviette en papier à usage unique peut entraîner des risques de contamination d’origine bactérienne et annuler le bénéfice du lavage de mains fréquent pour limiter la propagation de maladies contagieuses.

Parmi les gestes barrières recommandés par les autorités de santé pour limiter la propagation des maladies contagieuses comme le Covid-19, le lavage fréquent des mains compte parmi l’une des mesures les plus efficaces. Pour autant, ce geste d’hygiène tout simple ne suffit pas complètement à se protéger. Après s’être frotté les mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique, il faut aussi éviter de se recontaminer immédiatement en entrant en contact avec une surface infectée lors de l’étape du séchage.

Des colonies bactériennes à la surface des essuie-mains en papier

Pour éviter de se recontaminer, les serviettes en papier utilisées pour se sécher les mains pourraient bien être à proscrire pour des raisons de santé, en particulier en période d’épidémie. Une étude pilote réalisée par des chercheurs canadiens de l’Université Laval, publiée en décembre 2011 dans l’American Journal of Infection Control, s’est en effet intéressée au risque de post-contamination potentiel représenté par les essuie-mains en papier à usage unique. Selon leurs observations, la surface de celles-ci présente un caractère favorable à la croissance de colonies bactériennes.

Réalisée sur six marques d’essuie-mains en papier différents, l’étude a porté sur plusieurs types de papiers. Certaines marques utilisent des fibres recyclées dans la confection des serviettes, d’autres de la pâte de bois vierge. Certains sont blanchies au chlore, d’autres ne le sont pas. Toutes contiennent des nutriments – cellulose et lignine – propices à la croissance de colonies bactériennes. Tous sont vecteurs de contamination bactérienne, à des degrés qui peuvent varier de l’ordre de 100 à 1 000 fois plus selon le procédé de fabrication, et selon les produits chimiques qui peuvent entrer dans leur composition.

Privilégier un séchage à l’air chaud filtré

Si les auteurs n’ont pas observé de transmission bactérienne par voie aérienne, ils estiment que différentes bactéries, dont certaines sont productrices de toxines, sont « facilement transmissibles » par contact direct avec le papier.

A contrario, le séchage des mains avec un sèche-main à air pulsé apparaît comme la solution la plus hygiénique pour éviter toute recontamination. En effet, une autre étude plus récente parue en septembre 2019 dans la prestigieuse revue scientifique Nature, portant sur six méthodes différentes de séchage des mains après nettoyage, soulignait quant à elle que les sèche-mains à air pulsé restent le meilleur moyen pour éliminer les bactéries sur les mains.

Si ces deux études ne présument pas en elles-mêmes d’une efficacité supérieure d’une méthode de séchage des mains sur une autre lorsqu’il s’agit de la lutte contre la propagation du Covid-19, celle-ci est à tenir en compte dans le contexte d’une vulnérabilité accrue de la population à tous types de contamination, et notamment des plus vulnérables.