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L’asphalte des routes toxique en présence de certaines conditions météorologiques ?

Des chimistes étasuniens ont mené une expérimentation suggérant une toxicité de l’asphalte des routes. Sous l’effet du soleil, mais également de l’eau, les hydrocarbures présents dans l’asphalte peuvent s’échapper. Il s’agirait alors d’une menace pour l’environnement, mais également pour les usagers de la route.

La faute au bitume ?

Comme chacun sait, la circulation routière est une des plus importantes sources de pollution. Toutefois, la nature des routes pourrait également en être une ! Une équipe de chimistes étasuniens étudie en effet l’asphalte dans leur publication dans la revue Environmental Science & Technology du 8 juillet 2020.

Rappelons que l’asphalte est un mélange d’agrégats et de bitume, un liant hydrocarboné. Or, ce liant s’obtient à partir de résidus de pétrole brut récupérés à l’issue du processus de distillation. Grâce à son pouvoir agglomérant, le bitume est donc un choix idéal pour construire les routes. Toutefois, les chimistes évoquent des risques pour l’environnement et la santé humaine.

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Crédits : NeedPix

Plus précisément, les chercheurs pointent du doigt les hydrocarbures aromatiques polycycliques. Or, la science sait depuis longtemps que ces composants sont à la fois cancérigènes et mauvais pour l’environnement. Les directeurs de l’étude ont donc cherché a comprendre l’impact des routes déjà construites en mesurant les émanations potentielles de polluants.

La photodégradation à l’origine de fuites

L’expérimentation des chimistes consistait à placer un morceau d’asphalte sur une plaque de verre avant de plonger le tout dans l’eau et l’irradier à l’aide d’un simulateur solaire. La même expérience a été pratiquée sur un morceau d’asphalte témoin non exposé aux radiations solaires. La dernière étape consistait à scanner l’eau afin d’étudier la réaction chimique à l’origine de l’émission de composés.

Les résultats montrent que les radiations solaires engendrent un processus de photodégradation des polymères. Autrement dit, les hydrocarbures se diffusent de façon massive en présence d’eau et de soleil. Or, la quantité d’hydrocarbures solubles dans l’eau issue de la fuite était vingt-cinq fois plus importante du côté du morceau d’asphalte irradié par le simulateur solaire ! En conclusion, les chimistes estiment que diverses configurations météorologiques peuvent générer des fuites toxiques assez importantes. Toutefois, les chercheurs expliquent que la portée de ces fuites et les conséquences à grande échelle feront l’objet de recherches ultérieures.

Ainsi, si la question des futurs moyens de transport se pose, celle de la nature des routes est aussi importante. En 2016, nous évoquions les routes du futur, des projets concernant les routes photovoltaïques, les revêtements thermorégulés et les routes silencieuses. Toutefois, l’objectif principal devrait se concentrer sur un moyen de fabriquer des routes sans avoir recours aux hydrocarbures aromatiques polycycliques.