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La Nasa songe à transformer un cratère lunaire en radiotélescope

Crédits : Nasa

La NASA vient d’accorder de nouvelles subventions pour des projets spatiaux innovants. L’un d’eux vise à installer un radiotélescope de 1 kilomètre de diamètre à l’intérieur d’un cratère lunaire.

La lumière que nous percevons avec nos yeux ne représente qu’une infime partie du spectre électromagnétique (lumière visible, entre 380 et 780 nm). Pour pouvoir observer le monde sous d’autres longueurs d’ondes, nous devons donc nous appuyer sur des instruments bien spécifiques, capables de le faire. Si les télescopes optiques, par exemple, visent à collecter un maximum de photons, les radiotélescopes sont, de leur côté, utilisés pour capter les ondes radioélectriques émises par les astres.

On dénombre environ 150 de ces instruments actuellement en activité sur Terre. Citons celui d’Arecibo, par exemple, situé sur la côte nord de l’île de Porto Rico, ou encore le radiotélescope de Nancay en France, et le télescope Green Bank aux États-Unis. Sans oublier FAST, en Chine, qui est aujourd’hui le plus grand radiotélescope de la planète (500 mètres d’ouverture).

Ce dernier, mis en service en 2016, a déjà fait ses preuves, captant de nouveaux FRB venus des profondeurs de l’espace, et découvrant déjà deux pulsars. Cependant, il y a de nos jours une telle abondance de satellites en orbite basse que l’écoute du cosmos depuis la surface terrestre devient de plus en plus compliquée. Ce que propose donc aujourd’hui la NASA, c’est d’installer un radiotélescope à l’intérieur d’un cratère situé de l’autre côté de la Lune.

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Le radiotélescope FAST, en Chine. Crédits : Xinhua

« Le plus grand radiotélescope du système solaire! »

Une telle structure présenterait d’énormes avantages par rapport aux instruments basés sur Terre et en orbite autour de notre planète.

Un radiotélescope lunaire pourrait « observer l’univers à des longueurs d’onde supérieures à 10 mètres (soit des fréquences inférieures à 30 MHz), qui sont normalement reflétées par l’ionosphère terrestre et donc jusqu’à présent largement inexplorées par les humains », justifie la NASA. La Lune, également, pourrait « agir comme un bouclier physique protégeant le télescope des interférences radio provenant de sources terrestres ».

On ne sait pas encore si ce projet, qui s’inscrit dans le programme Innovative Advanced Concepts (NIAC) de l’agence américaine, sera finalement concrétisé. Néanmoins, les plans semblent déjà bien pensés. « Nous proposons de déployer un treillis métallique de 1 km de diamètre grâce à des rovers DuAxel (des robots spécialisés dans l’arpentage de terrains à risque) dans un cratère lunaire de 3 à 5 km de diamètre, peut-on notamment lire sur le site de la NASA. (…) À terme, le LCRT pourrait être le plus grand radiotélescope à ouverture pleine du système solaire ! ».

L’équipe derrière ce projet a maintenant neuf mois (et 125 000 dollars de budget) pour le développer davantage. Espérons qu’ils réussissent. Un tel instrument pourrait effectivement permettre d’énormes découvertes scientifiques dans le domaine de la cosmologie en recueillant des données encore inexploitées sur l’univers primitif.

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