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Il y a 2700 ans à Jérusalem, l’élite (aussi) souffrait de vers parasites

Crédits : Yoli Schwartz

En examinant des échantillons de sédiments prélevés dans des toilettes vieilles de 2 700 ans à Jérusalem, des archéologues ont découvert de nombreux parasites. Ces travaux suggèrent que l’élite de Jérusalem n’était pas épargnée par les problèmes intestinaux.

Des « toilettes de riches »

Les études des restes de parasites intestinaux conservés dans d’anciens dépôts de matières fécales (archéoparasitologie) permettent de retracer l’évolution des infections passées. Ces travaux peuvent également informer sur les normes de santé et d’assainissement développées par les sociétés anciennes.

Considérée comme le berceau de la sédentarisation et la domestication des plantes et des animaux, la région du Croissant Fertile est une cible de choix pour ce type d’analyses. Des références aux parasites intestinaux apparaissent d’ailleurs dans plusieurs textes régionaux datant de plusieurs milliers d’années.

Dans le cadre d’une nouvelle étude, des chercheurs ont analysé des échantillons de sédiments prélevés dans une fosse d’aisances sous des toilettes en pierre datées du milieu du VIIe siècle av. J.-C. À cette époque, Jérusalem avait été restaurée après le siège assyrien de la ville en 701 av. J.-C.

Dans l’International Journal of Paleopathology, les chercheurs soulignent que des toilettes était à cette époque « un symbole de richesse, une installation privée que seuls les riches pouvaient se permettre« . Située dans un somptueux complexe sur le site d’Armon Hanatziv, la fosse était entourée d’éléments architecturaux « extraordinaires« , offrant un aperçu des troubles intestinaux des classes privilégiées de la ville à la fin de l’âge du fer.

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Le siège de toilette de 2700 ans en pierre. Crédits : Yoli Schwartz, Autorité des antiquités d’Israël.

Beaucoup de parasites, même chez les riches

En s’appuyant sur un microscope optique, l’équipe souligne avoir identifié des œufs de vers ronds, de ténias, de trichures et d’oxyures. Ces découvertes suggèrent que les riches habitants de Jérusalem souffraient probablement de diverses maladies.

Transmis par les excréments, les vers ronds et les trichures étaient les parasites les plus répandus, probablement en raison de « l’élimination inadéquate des matières fécales, de la contamination des aliments et de l’eau par des déchets fécaux et de l’utilisation d’excréments humains comme engrais de terrain« , notent les auteurs. La présence de nombreux ténias indique également que cette élite consommait du bœuf et du porc insuffisamment cuits.

À cette époque, il est peu probable que ceux qui ont été infestés par ces parasites aient eu les moyens médicaux de les éliminer, ce qui signifie qu’ils portaient probablement ces vers à vie, souffrant en conséquence de douleurs abdominales, de nausées, de diarrhée et de démangeaisons. Chez les enfants, rappelons que les vers parasites peuvent également entraîner de la malnutrition, des dommages au système nerveux et, dans des cas extrêmes, la mort.