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Des centaines de fosses anciennes découvertes à Stonehenge

Crédits : Christopher Ison

Des chercheurs ont mis au jour des centaines de grandes fosses préhistoriques possibles (et des milliers de plus petites) au cœur du paysage de Stonehenge, remettant en question notre compréhension de l’utilisation des terres à travers le temps sur l’un des sites préhistoriques les plus étudiés dans le monde.

Les méthodes de relevé géophysique permettent une cartographie à haute résolution des vestiges souterrains de paysages anciens à des échelles spatiales en expansion constante. Lorsqu’elles sont appliquées à des paysages archéologiques couvrant des centaines d’hectares, les ensembles de données qui résultent de ces techniques n’apportent que peu d’informations directes sur l’habitation, les environnements ou les changements au fil du temps.

Dans le cadre d’une étude, des chercheurs nous ont démontré comment l’étude géophysique du sol peut permettre une identification fiable et empirique de traces d’activité complexes sur de larges terrains lorsqu’elle est combinée avec un échantillonnage et une excavation ciblés. Ici, en l’occurrence, l’équipe s’est concentrée sur un rayon d’environ 2,5 km autour du célèbre site de Stonehenge , en Angleterre.

Dans le cadre de ces travaux, publiés dans le Journal of Archaeological Science , une attention particulière est portée aux fosses creusées par l’Homme. Identifier et interpréter ce type de structures est en effet essentiel dans l’archéologie préhistorique européenne en raison de leur lien étroit avec l’habitation et les pratiques cérémonielles.

Plusieurs milliers de fosses, probablement des pièges

Pour cette étude, les chercheurs ont utilisé un géomètre électromagnétique. Il s’agit d’un appareil capable de détecter les structures souterraines en déterminant comment les champs électriques traversent le sol et rebondissent vers un capteur. Ils ont ainsi identifié des concentrations jusque-là inconnues de grandes fosses (415 d’un diamètre supérieur à 2,4 m) parmi plusieurs milliers de petites fosses et caractéristiques naturelles à travers le paysage. Ce ne sont pas les premiers sites du genre de la région, mais la découverte n’en reste pas moins intéressante.

Les chercheurs ont ensuite échantillonné soixante-deux des sites, creusé neuf d’entre eux, et déterminé l’âge de chaque fosse à l’aide de la datation au radiocarbone. L’âge des fosses nouvellement découvertes va de 8 200 à environ 1 300 avant notre ère , ce qui rend certains plus jeunes que Stonehenge lui-même, celui-ci ayant été construit vers 2 500 avant notre ère.

Vieille de plus de 10 000 ans, une fosse de plus de quatre mètres de large et de deux mètres de profondeur creusée dans la roche calcaire se distingue également comme la plus ancienne trace d’utilisation des terres jamais découverte à Stonehenge . C’est aussi la plus grande fosse connue du Mésolithique ancien dans le nord-ouest de l’Europe.

Stonehenge
La plus ancienne trace d’utilisation des terres jamais découverte à Stonehenge. Crédits : Université de Birmingham

Selon le communiqué des chercheurs, la taille et la forme de ces grandes fosses ont prouvé qu’elles ont peut-être été utilisées comme pièges pour chasser de grands animaux qui parcouraient l’Angleterre mésolithique. Des créatures comme le cerf élaphe, le sanglier et l’aurochs (l’ancêtre des races actuelles de bovins domestiques, disparu il y a environ 400 ans) étaient probablement ciblées.