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L’Europe met fin à son partenariat d’exploration lunaire avec la Russie

Vue d'artiste d'un atterrisseur sur la Lune. Crédits : NASA

Ce mercredi, des responsables de l’ESA ont annoncé que l’Agence spatiale européenne met fin à sa coopération avec la Russie dans le cadre de ses prochaines missions robotiques lunaires. Plusieurs instruments censés intégrer ces différents projets seront utilisés sur d’autres missions, probablement américaines.

Cette année 2022 doit signer le grand retour de la Russie sur notre satellite avec la mission Luna 25. Celle-ci, qui devait intégrer une caméra européenne, prévoit l’envoi d’un atterrisseur chargé d’étudier la structure interne de la Lune et d’explorer la disponibilité des ressources naturelles au nord du cratère Boguslavsky. Il sera aussi question d’étudier les effets des rayons cosmiques et du rayonnement électromagnétique sur la surface lunaire. Le lancement de cette mission est prévu cet été.

Toutefois, la mission Luna 25 ne sera que le début d’une longue série de projets. Avec le concours de l’ESA, l’orbiteur Luna 26 devait ensuite être lancé en 2024 pour effectuer des mesures à distance et servir d’éventuel relais de communication pour la prochaine mission de l’atterrisseur Luna 27. Ces différents projets doivent également préparer le terrain pour une future station de recherche lunaire.

Nouveau divorce

Finalement, nous venons d’apprendre que la Russie devra une fois de plus se passer de l’Europe, en conséquence de l’invasion russe en Ukraine. Plus récemment, la mission ExoMars, qui prévoit l’envoi d’un rover sur la planète rouge, avait également fait les frais de cette guerre. Plusieurs missions européennes qui devaient être lancées à bord de fusées russes sont également impactées.

La décision de l’ESA entre en vigueur immédiatement. L’agence européenne a ainsi demandé que sa caméra d’atterrissage Pilot D soit retirée de la mission Luna 25. « J’ai déjà communiqué cette décision au patron de Roscosmos [l’agence spatiale fédérale russe] et demandé que [le pilote D] soit mis en lieu sûr jusqu’à ce qu’il puisse nous être renvoyé« , a déclaré le directeur général de l’ESA, Josef Aschbacher, lors d’une conférence de presse. David Parker, le directeur de l’exploration humaine et robotique de l’ESA, a également ajouté que le retrait de cet instrument n’aurait aucun effet sur la capacité de la Russie à mener à bien sa mission.

Ce nouveau divorce vaut également pour les missions suivantes : Luna 26 et Luna 27. Le rover Luna 27, prévu pour 2025, devait notamment comporter un système de navigation optique de construction européenne reposant sur une analyse appuyée par l’IA, ainsi qu’une foreuse capable de prélever des échantillons de sol lunaire à un mètre de profondeur.

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Les techniciens travaillent avec du matériel pour Luna 25, une mission qui marquera le retour robotique de la Russie sur la Lune. Crédits : Roscosmos

L’Europe se tourne vers des alternatives

L’ESA négocie déjà des alternatives pour livrer ces technologies sur la Lune. La foreuse de Luna 27 devrait par exemple pouvoir être exploitée par la NASA dans le cadre du programme Commercial Lunar Payload Services de l’agence américaine.

Lors de la conférence de presse, l’ESA a également évoqué l’avenir de sa petite fusée Vega qui s’appuie sur des moteurs fabriqués en Ukraine pour son étage supérieur. Ces derniers sont fabriqués par la société Yuzhmash, basée dans la ville technologique de Dnipro. Si la région semble épargnée pour le moment par la guerre, l’ESA ne peut décemment plus poursuivre son partenariat avec l’entreprise. « Nous avons maintenant suffisamment de moteurs pour 2022 et 2023« , a déclaré Aschbacher. « Cependant, nous commençons à travailler sur des alternatives pour 2024« .