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États-Unis : pourquoi tant d’écureuils finissent-ils écrasés par des voitures ?

Crédits : Piqsels

Dans l’État du Vermont, un journaliste a mené une petite enquête sur un phénomène étonnant. Sur une route qu’il emprunte régulièrement, de nombreux écureuils meurent quotidiennement. Ce phénomène découlerait d’une cascade d’événements dont l’origine n’est autre que le réchauffement climatique.

Un “serial killer d’écureuils”

Tout d’abord, évoquons le fait qu’il n’est pas ici question d’écureuils à proprement dit. Il s’agit d’animaux appartenant au genre Tamia qui comprend plus d’une vingtaine d’espèces de petits mammifères de la famille des Sciuridae tout comme les écureuils et les marmottes. Ceux-ci sont essentiellement présents en Amérique du Nord où on les nomme “chipmunks”.

Dans un article publié par The Boston Globe le 9 août 2021, le journaliste Kevin Cullen se qualifie lui-même de “serial killer d’écureuils”. Il y explique avoir déjà tué un grand nombre de ces animaux cet été sur une route qu’il emprunte souvent pour se rendre dans le Vermont. Kevin Cullen affirme être étonné du fait que certains écureuils se soient littéralement jetés sous les roues de son véhicule. Certains passages de son témoignage peuvent prêter à sourire, mais décrivent la macabre réalité : “Il n’y a pas d’autre façon de le dire: j’ai tué des dizaines d’écureuils cet été, voire des centaines. […] La semaine dernière, un rongeur imprudent s’est arrêté au beau milieu de la route, m’a fixé avec ses adorables petits yeux marron, alors que je lui fonçais dessus. Pour finir, c’est le pick-up qui me suivait qui l’a écrasé comme une crêpe.”

tamia écureuil
Crédits : Gilles Gonthier / Flickr

Un temps d’hibernation plus réduit

Malheureusement, 2021 est une année record en termes de morts de tamias. Cependant, certains éléments en amont semblaient être annonciateurs. Le journaliste a évoqué un de ses amis, ayant heurté un de ces animaux en faisant du ski à Okemo (Vermont). Cela signifie que les tamias ont eu un temps d’hibernation plus réduit. Bill Killpatrick, biologiste à l’Université du Vermont, a expliqué que toute la Nouvelle-Angleterre est touchée par le phénomène.

Selon lui, le réchauffement climatique occasionne des hivers plus doux et des périodes d’hibernation plus courtes. Ainsi, le nombre de portées des tamias ainsi que leur survie sont en augmentation. Or, avec l’augmentation des tamias, les individus se battent pour protéger leur territoire et ces combats débordent logiquement sur les routes.

Les conducteurs empruntant ces trajets régulièrement devraient donc prendre l’habitude de sentir régulièrement une petite bosse sous une de leurs roues. En effet, ce phénomène découlant du réchauffement climatique n’est visiblement pas près de s’arrêter.