in

Impression 3D : des chercheurs ont mis au point une encre vivante

Crédits : kynny / iStock

Des scientifiques américains ont dernièrement présenté une encre vivante pour l’impression 3D composée de la célèbre bactérie Escherichia coli. Selon eux, cette invention prometteuse pourrait concerner de nombreux usages, notamment dans le médical et la technologie.

Une « encre microbienne »

L’impression 3D est au cœur de multiples innovations. Citons par exemple la création d’organes fonctionnels en ne partant de rien grâce à l’impression 3D qui avait intéressé la NASA il y a quelques mois. Dans une publication du 23 novembre 2021 dans la revue Nature Communication, des scientifiques ont quant à eux décrit une encre vivante pour l’impression 3D à base de colibacille, c’est-à-dire Escherichia coli. Cette bactérie générant chez l’humain des gastro-entérites et des infections urinaires intègre donc cette « encre microbienne » à l’aspect gélatineux. Pour les chercheurs de l’Université de Harvard (États-Unis) à l’origine du projet, l’objectif est de répondre aux nombreux défis concernant actuellement l’impression 3D.

Dans leur publication, les scientifiques évoquent une encre entièrement composée de cellules microbiennes génétiquement modifiées. Ils ont réalisé un autoassemblage ascendant et hiérarchique de monomères protéiques en nanofibres, puis en réseaux de nanofibres comprenant des hydrogels extrudables. Autrement dit, la bio-ingénierie des bactéries a permis de générer des nanofibres vivantes. Les chercheurs ont ensuite mélangé le résultat avec d’autres ingrédients afin de permettre l’utilisation de ce gel à l’aide d’une imprimante 3D personnalisable (voir schéma ci-dessous).

schéma impression 3D bactérie
Crédits : Université de Harvard / Nature Communication

Des résultats très prometteurs

Cette invention est surprenante puisque l’encre vivante peut réguler sa propre croissance cellulaire grâce à l’induction chimique de circuits génétiques. Par ailleurs, il faut savoir que les chercheurs ont réalisé plusieurs essais avec d’autres bactéries, et donc leur bio-ingénierie. Ainsi, après le mélange avec l’encre, certains résultats ont par exemple permis de capturer l’indésirable bisphénol A ou encore de créer un médicament anti-cancer. Selon les porteurs du projet, certaines bactéries pourraient permettre à l’encre de se régénérer et même de se reproduire, le tout de manière autonome.

Cette innovation pourrait avoir diverses applications. Les domaines de la santé et de la technologie sont évidemment concernés. Toutefois, la plus grande utilité pourrait se trouver du côté de la construction, qui plus est dans l’espace. En effet, dans le cadre de la construction d’une base lunaire ou martienne, l’idée d’utiliser un matériau capable de se régénérer et de se reproduire est évidemment très séduisante.