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La dernière fois que l’on avait vu ce caméléon, c’était en 1913 !

Crédits : Kathrin Glaw

Une équipe de chercheurs annonce la (re)découverte officielle du caméléon de Voeltzkow. Ce petit reptile n’avait pas été observé depuis plus d’un siècle. Les détails de ces travaux sont publiés dans la revue Salamandra.

La dernière fois que l’on avait vu le caméléon de Voeltzkow (Furcifer voeltzkowi), endémique de Madagascar, c’était en 1913. Officiellement, du moins. Et jusqu’à présent, personne n’avait jamais vu le moindre spécimen femelle. C’est désormais chose faite. Une équipe d’écologistes annonce en effet avoir retrouvé et étudié plusieurs spécimens isolés sur le terrain d’un petit hôtel, dans la ville de Katsepy, au nord de l’île, dans le cadre d’une expédition menée en avril 2018.

«II y a toujours de l’espoir»

Trouver ce caméléon n’a pas été simple. Tout comme son cousin le caméléon de Labord (Furcifer labordi), également endémique de Madagascar, les chercheurs soupçonnaient que la durée de vie de ces reptiles était très courte (quelques mois seulement). Peu avant la fin de l’expédition, Angeluc Razafimanantsoa, ​​l’un des guides, a tout de même réussi à repérer un spécimen. Finalement, l’équipe a découvert trois mâles et quinze femelles.

«Le caméléon de Voeltzkow ajoute de la couleur et de la beauté à la planète et nous rappelle que même lorsque tout semble perdu, il y a toujours de l’espoir», a déclaré Don Church, président du Global Wildlife Conservation dans un communiqué. «Maintenant, nous avons tellement à apprendre sur ce reptile extraordinaire, y compris la meilleure façon de le sauver de l’extinction».

Effectivement, on ignore évidemment encore beaucoup de choses sur le mode de vie de ces caméléons. Toutefois, les chercheurs ont eu l’occasion d’étudier ces spécimens avant de les relâcher dans la nature.

Petits et verts (à moins d’être en colère)

Physiquement, les chercheurs ont découvert que les femelles sont plus petites que les mâles, mesurant environ 150 millimètres de la pointe à la queue. Les mâles, de leur côté, peuvent mesurer jusqu’à 164 mm de long.

Côté couleurs, les mâles sont vert clair, mais passent au vert foncé lorsqu’ils sont en colère ou stressés.

Lorsqu’elles sont détendues, les femelles présentent également une robe verte, avec des rayures d’un vert plus foncé. Des petits points rouges sont également visibles sur les flancs. Lorsqu’elles sont titillées, en revanche, leurs rayures passent du vert au noir, et une strie violacée apparaît le long des côtés du caméléon. Entre les rayures noires, la peau de la femelle devient également blanche à l’exception de sa gorge, qui peut “clignoter” d’un orange vif. Bref, vous l’aurez compris, les femelles peuvent être très colorées lorsqu’elles sont en colère.

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Un spécimen mâle, le moins “flashy” des deux sexes chez cette espèce. Crédits : Frank Glaw

Notez que ce n’est pas la première fois qu’un animal “disparu” finit par soudainement réapparaître. Ce fut notamment le cas d’une tortue géante repérée il y a peu dans les Galapagos pour la première fois depuis 1906. Une abeille géante de Wallace, la plus grande du monde, a également été vue en Indonésie l’année dernière, nichée dans un tronc d’arbre, après avoir disparu des écrans radars depuis près de quarante ans. Perdue de vue depuis près d’un demi-siècle, la musaraigne-éléphant de Somalie est également bien vivante à l’état sauvage. Des chercheurs ont étudié plusieurs spécimens l’année dernière dans la région de Djibouti.

Enfin, notons que si les chercheurs ont réussi à mettre la main sur le caméléon de Voeltzkow, ils ont en revanche fait chou blanc avec Furcifer monoceras, une autre espèce de caméléon dont l’unique spécimen connu avait été collecté en 1905.