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La dernière fois qu’on avait vu cette petite musaraigne, c’était il y a 50 ans

Crédits : Duke University

Perdue de vue depuis près de 50 ans, la musaraigne-éléphant de Somalie est bien vivante à l’état sauvage ! Des chercheurs ont étudié plusieurs spécimens l’année dernière dans les régions arides et rocailleuses de Djibouti.

On croyait l’espèce disparue depuis près d’un demi-siècle. En réalité, la musaraigne-éléphant de Somalie (aussi appelé Sengis) vivait recluse, à l’écart des hommes, dans des zones rocailleuses de la Corne de l’Afrique. C’est en tout cas ce qu’ont annoncé des scientifiques mardi 18 août dans leurs travaux publiés dans la revue Biodiversity and Conservation.

Une douzaine de spécimens analysés

À l’origine de cette redécouverte, il y a Galen Rathburn, spécialiste mondial de la musaraigne-éléphant. Avec son équipe, ils ont installé en 2019 plus d’un millier de pièges garnis de beurre de cacahuète, de flocons d’avoine et d’extrait de levure dans douze localités de Djibouti.

« Lors de nos entretiens, la population nomade et pastorale nous a dit qu’elle voyait des sengis régulièrement« , explique Houssein Rayaleh, naturaliste de l’association Djibouti Nature. « C’est pourquoi nous nous sommes concentrés sur cette région« .

La technique a fonctionné à merveille puisque pas moins de douze spécimens ont pu être recueillis. « Quand nous avons ouvert le premier piège, et que Galen Rathburn a vu la mignonne petite queue avec terminée par une touffe de poils, il m’a regardé et m’a dit : je ne peux pas y croire, je n’en ai jamais vu un de ma vie !« , raconte Steven Heritage, du Centre des lémuriens de l’université américaine de Duke.

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Une petite musaraigne-éléphant aperçue dans le cadre de l’étude. Crédits : Houssein Rayaleh, Association Djibouti Nature

« Son habitat n’est pas menacé »

Jusqu’en 1973, des expéditions zoologiques avaient collecté plusieurs dizaines de spécimens de ces petits mammifères insectivores. Néanmoins depuis, plus rien. L’ONG Global Wildlife Conservation l’avait même inscrite sur sa liste des « 25 espèces perdues les plus recherchées ».

La preuve est désormais faite que « le sengi de Somalie existe toujours« , conclut finalement l’étude. Évoluant dans les régions arides et hostiles de la Corne africaine, « son habitat n’est pas menacé par l’agriculture ou le développement humain« , rassure Steven Heritage. Il recommande que l’espèce soit classée dans la catégorie « préoccupation mineure » de la liste rouge de l’UICN.

Notez que ce n’est pas la première fois qu’un animal présumé disparu finit par soudainement réapparaître, malgré lui. Ce fut notamment le cas de cette tortue géante repérée il y a quelques mois dans les Galapagos pour la première fois depuis 1906. Une abeille géante de Wallace, la plus grande du monde, a également été aperçue en Indonésie en février 2019 après avoir disparu des écrans radars depuis 38 ans.