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28 000 tonnes de déchets liés à la Covid-19 polluent désormais les océans

Crédits : Nicholas Samaras Underwater Photography

Selon une nouvelle étude rapportée par le Guardian, plus de 28 000 tonnes de déchets plastiques liés à la pandémie, tels que des masques et des gants, se sont retrouvées dans l’océan depuis le début de la pandémie. Dans quelques années, une partie de ces déchets pourrait tourbillonner autour du pôle Nord.

Plus de 28 000 tonnes de déchets à la dérive

La pandémie de Covid-19 a entraîné une demande accrue de plastiques à usage unique, intensifiant de fait la pression sur un problème déjà hors de contrôle. Les chercheurs et écologistes soupçonnaient que l’ampleur de ces rejets mal gérés associés à la pandémie devait être importante, mais elle restait encore inconnue. Dans le cadre d’une étude, une équipe s’est appuyée sur un modèle pour quantifier l’impact de la pandémie sur ces rejets de plastique dans les océans.

D’après ces analyses, dont les résultats sont publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, 193 pays ont produit environ 9,2 millions de tonnes de déchets plastiques associés à la pandémie entre le début de l’épidémie et la mi-août 2021. La majorité de ce plastique, près de 88%, a servi dans les hôpitaux, tandis que près de 8% de ces produits ont été utilisés par des particuliers. Les emballages et les kits de test représentaient le reste des déchets.

Le modèle développé (MITgcm) a ensuite permis aux chercheurs de prédire combien de ces déchets plastiques se sont retrouvés dans l’océan après avoir été jetés. Selon les analyses, environ 28 550 tonnes de débris de plastique s’étaient déjà retrouvées dans les océans au 23 août 2021, transportés là par 369 grands fleuves du monde.

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Crédits : tataks / iStock

Sur les plages, en haute mer, au Pôle nord

Sur cet échantillon, ce modèle prédit que plus de 70 % des débris se retrouveront sur les plages d’ici la fin de l’année, ce qui nuira aux environnements côtiers. À plus long terme, les déchets restants pourraient former des « plaques de plastique » en haute mer, et ce, principalement dans le nord-est du Pacifique et dans sud-est de l’Inde.

Enfin, une partie de ce plastique sera emportée vers le cercle polaire arctique, se heurtant finalement à une impasse. Toujours en s’appuyant sur leur modèle, les chercheurs prédisent qu’une zone d’accumulation de plastique circumpolaire se formera d’ici 2025 avant de couler au fond de la mer.

Ces nouveaux travaux mettent en évidence l’ampleur des problèmes de déchets liés à la Covid-19, et le besoin de meilleurs systèmes de collecte, de traitement et d’élimination de ces déchets, notamment dans les pays en développement. Enfin, cette étude est un rappel de notre besoin global de limiter l’utilisation de plastiques à usage unique et d’augmenter l’utilisation d’alternatives durables.