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Plusieurs débris spatiaux retrouvés en Australie seraient l’oeuvre de SpaceX

Crédits : Brad Tucker

L’Agence spatiale australienne enquête sur les débris spatiaux trouvés dans les terres agricoles des Snowy Mountains, en Australie. Brad Tucker, astrophysicien à l’Université nationale australienne, pense qu’il s’agit des restes d’une mission de SpaceX.

Brad Tucker reçoit souvent des appels de personnes convaincues d’avoir trouvé des débris spatiaux. En général, il s’agit d’autre chose. « Cette fois-ci, c’était différent », a-t-il déclaré au Guardian.

Il y a quelques jours, le chercheur a reçu un appel de Mick Miners et Jock Wallace, deux éleveurs de moutons de la petite ville de Dalgety, dans le sud de la Nouvelle-Galles-du-Sud (Australie), rapportant avoir trouvé plusieurs objets brûlés. Tucker a conduit pendant deux heures jusqu’à la ferme pour constater les dégâts, soupçonnant qu’il pourrait s’agir des restes d’un vaisseau Crew Dragon de SpaceX.

Le tronc de la capsule

Le vaisseau Crew Dragon, haut de 8,23 m, comprend en effet deux sous-ensembles. Le haut du vaisseau est constitué d’une capsule en forme de cône composée de trois sous-segments. Sa base est formée par un bouclier thermique qui protège le vaisseau lors de la rentrée atmosphérique. La partie pressurisée est destinée à l’équipage et contient les moteurs de contrôle d’attitude et de guidage. Enfin, le haut de la capsule comprend une petite coiffe amovible qui protège le sas d’amarrage à l’ISS lors de la mise en orbite du vaisseau et de son retour sur Terre.

La partie inférieure du vaisseau, appelé « le tronc », est de forme cylindrique. Haute de 3,66 m pour un diamètre de 3,66 m, cette partie du vaisseau est nécessaire au décollage, mais jetée avant la rentrée. La moitié de sa surface est recouverte de cellules photovoltaïques permettant l’alimentation électrique du vaisseau tandis que l’autre moitié est recouverte de radiateurs destinés à la régulation thermique.

L’une de ces structures avait été observée au-dessus de la région australienne de Nouvelle-Galles-du-Sud le 9 juillet dernier, soit quelques jours seulement avant le rapport de ces deux fermiers. Ce « tronc » intégrait une capsule lancée en novembre 2020.

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L’un des panneaux retombés au sol. Crédits : Brad Tucker

SpaceX n’a pas confirmé

Sur place, Tucker a constaté qu’il s’agissait très probablement d’un débris spatial, ce dernier étant fait de matériaux composites conçus pour résister à la chaleur. La pièce montrait également des signes clairs de brûlure due à la rentrée atmosphérique. La Dre Sara Webb, astrophysicienne à l’Université de Swinburne, s’accorde avec l’évaluation de Tucker selon laquelle ce débris est compatible avec une mission SpaceX.

L’un des panneaux de ce débris semblait également avoir un numéro de série. SpaceX n’a cependant ​​pas encore confirmé que ces débris appartenaient à l’un de ses vaisseaux. De son côté, l’Agence spatiale australienne (ASA) travaille activement pour soutenir l’identification formelle de ces objets.

En règle générale, les débris spatiaux sont destinés à retomber dans l’océan, mais certains touchent parfois le sol. En 1979, une partie de la station spatiale américaine Skylab s’était notamment écrasée au-dessus de l’Australie occidentale. Quelques années plus tard, un satellite nucléaire russe avait atterri au Canada. Plus récemment, des débris d’une fusée chinoise Longue Marche 5B sont également retombés au sol en Afrique de l’Ouest et en Asie du Sud-Est.