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Covid-19 : pourquoi place t-on certains sujets graves sur le ventre ?

Capture vidéo : Cesu 21

Selon une étude menée à Wuhan, en Chine, l’épicentre de la pandémie de Covid-19, les sujets graves devraient être placés sur le ventre. Ces patients ayant développé une forme sévère du Covid-19, et donc atteints de syndrome de détresse respiratoire aiguë, voient ainsi leurs performances pulmonaires améliorées. Toutefois, l’étude a été menée sur un faible nombre de patients.

Le “décubitus ventral”

Avec plus d’un million de cas et environ 53 000 décès, la pandémie de Covid-19 est beaucoup plus grave que prévu. Or, traiter les cas graves est souvent compliqué, tant la maladie peut se montrer fulgurante. Une étude chinoise menée à Wuhan a décrit une technique dans une publication dans la revue de l’American Thoracic Society le 23 mars 2020. Évoquons le fait qu’il s’agit d’une étude expliquant un moyen de soulager les cas graves alors que l’actualité est assez marquée par le traitement à la chloroquine.

Les chercheurs chinois évoquent le “décubitus ventral”. Les patients en proie à de graves difficultés respiratoires peuvent ainsi être placés sur le ventre. Ceci permet à leur sang de mieux circuler dans les poumons et donc de mieux s’oxygéner. Plus précisément, il s’agit de faciliter l’évacuation du mucus et de rediriger le sang vers l’avant des poumons. Par ailleurs, la ventilation mécanique (respirateur) s’en trouve également améliorée. Une publication de la Revue Médicale Suisse en 2014 évoquait déjà la ventilation en décubitus ventral (DV), présentant cette dernière comme une thérapie de secours réservée aux hypoxémies réfractaires.

Moins de risques ?

L’étude en question concerne 12 patients atteints du Covid-19. Il s’agissait de cas graves, souffrant d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Si l’échantillon apparaît faible, l’étude est toutefois la première à décrire le comportement des poumons chez des patients atteints de formes sévères du Covid-19, exigeant une ventilation mécanique et recevant une pression positive.

« Il ne s’agit que d’un petit nombre de patients, mais notre étude montre que de nombreux patients n’ont pas rouvert leurs poumons sous une pression positive élevée et peuvent être exposés à plus de risques que de bénéfices. En revanche, la fonction pulmonaire s’améliore lorsque le patient est en position couchée sur le ventre », a déclaré Haibo Qiu, le principal meneur de l’étude.

Rappelons que la pression positive n’est autre que la situation dans laquelle la ventilation se fait alors que le patient est sur le dos. Selon les chercheurs, certains patients ne répondent pas bien à cette position et devraient changer de position. Les chercheurs estiment que le fait d’alterner les positions décubitus ventral et pression positive est positif. Il s’agit d’améliorer la réponse pulmonaire du patient.