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Covid-19 : les enfants produiraient des anticorps moins variés que ceux des adultes

Crédits : PxHere

Une étude récente indique que les enfants atteints par le coronavirus produiraient une quantité plus réduite de variétés d’anticorps par rapport aux adultes. Ceux-ci seraient par ailleurs moins efficaces, mais pourraient paradoxalement expliquer pourquoi le virus épargne souvent les plus jeunes.

Une faible réponse immunitaire chez les enfants

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les personnes âgées et celles souffrant de maladies préexistantes sont davantage susceptibles de développer des formes graves de la Covid-19. Néanmoins, le coronavirus SARS-CoV-2 peut toucher toutes les tranches d’âge, même les enfants. Dans une étude publiée dans la revue Nature Immunology le 5 novembre 2020, des chercheurs du Columbia University Irving Medical Center (États-Unis) estiment que les enfants produisent des anticorps moins variés que les adultes. Selon les scientifiques, cette variété réduite d’anticorps chez les enfants est synonyme d’une efficacité moindre. Néanmoins, elle pourrait expliquer pourquoi les plus jeunes se remettent souvent mieux et plus rapidement d’une infection au coronavirus.

Plusieurs études ont déjà montré qu’une réponse immunitaire forte pouvait causer des formes plus sévères de la maladie. Ainsi, la faible réponse immunitaire des enfants serait la clé expliquant leur facilité à vaincre la maladie. Cette hypothèse pourrait également fournir une explication concernant le faible taux de transmission entre eux et le fait que beaucoup n’ont aucun symptôme.

Différents types d’anticorps

Dans le cadre de leur étude, les chercheurs basés aux États-Unis ont analysé quatre groupes de patients Covid-19. Le premier intégrait dix-neuf adultes en convalescence sans hospitalisation et le second, treize adultes hospitalisés souffrant de détresse respiratoire. Quant au troisième et quatrième groupe, ils étaient respectivement constitués de seize enfants hospitalisés souffrant du syndrome inflammatoire multi-systémique (proche du syndrome de Kawazaki) et de 31 enfants infectés par le Covid-19, dont la moitié était asymptomatique.

Dans chaque groupe, certains sujets présentaient des anticorps. Néanmoins, ces anticorps étaient différents selon les patients. Dans les deux groupes d’enfants, les chercheurs ont retrouvé des anticorps IgG. Chez les adultes ayant eu les symptômes les plus importants, il a été retrouvé des anticorps de plusieurs types (dont certains sont plus neutralisants).

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Crédits : mattthewafflecat / Pixabay

Comment expliquer ce phénomène ?

Donna Farber, principale auteure de l’étude, évoque un lien entre l’ampleur de la réponse immunitaire et l’ampleur de l’infection. La réponse immunitaire serait à la hauteur de la gravité de l’infection. En effet, il faut davantage de cellules et de réactions immunitaires pour éliminer un agent pathogène présent à plus forte dose. Le fait est que l’organisme des enfants est très adapté au repérage d’agents pathogènes pour la première fois, car ils ont davantage de lymphocytes T naïfs pouvant les reconnaître. En revanche, les adultes se reposent souvent sur leur mémoire immunologique et réagissent donc moins bien à la nouveauté.

En conclusion, les meneurs de l’étude avancent l’hypothèse que chez les enfants, la maladie causée par le SARS-CoV-2 est une pathologie comme une autre. Leur système immunitaire est capable de régler le problème plus facilement, notamment grâce à de bons anticorps et à des cellules comportant moins de récepteurs ACE2 que celles des adultes. Rappelons d’ailleurs que ces récepteurs sont la porte d’entrée du virus dans notre organisme. Enfin, il faut savoir que les scientifiques appellent à la prudence au niveau de leurs résultats en raison de la faible taille de l’échantillon.