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Covid-19 : de quoi les Français ont-ils rêvé durant le confinement ?

Crédits : PxFuel

Une vaste enquête menée par des neuroscientifiques français s’est intéressée aux rêves durant la récente période de confinement. L’étude vient de s’achever et les chercheurs tirent leurs premières conclusions.  Que s’est-il passé dans la tête des Français durant ces deux mois de confinement alors qu’ils dormaient ?

De nombreuses données

Perrine Ruby est chercheuse Inserm au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon. Elle a lancé une étude nommée “Confinement Sommeil et Rêve” le 6 avril 2020, dont l’objectif était de comprendre l’impact qu’ont eu la pandémie et le confinement sur le sommeil et les rêves. Plus de deux mois plus tard, la scientifique a fait l’objet d’un entretien dans le magazine Sciences et Avenir.

Selon Perrine Ruby, l’enquête a reçu énormément de réponses : environ 6 500 dont 3 900 complètes. Parmi ces dernières, environ 1 500 évoquent des rêves et des cauchemars. La quantité des données disponibles ainsi que leur nature a persuadé la chercheuse de partager l’enquête avec les Français sous forme d’un livre à paraître prochainement.

insomnie dormir
Crédits : iStock

Que dire sur ces rêves ?

La chercheuse indique que 15% des personnes interrogées ont fait des rêves plus négatifs qu’en temps normal. Et 7% des personnes ont fait des rêves plus positifs que d’habitude. Dans cette dernière catégorie, les rêves concernaient des fêtes avec du soleil, des promenades en famille ou encore le survol de mondes incroyables. Le sentiment le plus récurrent étant celui de liberté.

Parmi les rêves négatifs, qui étaient donc les plus fréquents, il a souvent été question d’intrusion dans l’intimité émanant du monde du travail. Autrement dit, il s’agit de la notion d’envahissement du travail à la maison. Perrine Ruby évoque également des rêves liés à l’enfermement, mais aussi à la notion d’injustice. Ces rêves négatifs intégraient en outre la crainte de l’avenir, mais aussi de la pandémie de Covid-19. De manière générale, la peur était d’ailleurs le sentiment le plus présent dans ces rêves, avec notamment des menaces et autres poursuites.

Pour la meneuse de l’enquête, le confinement a représenté un défi pour le cerveau. En effet, celui-ci a été dans l’obligation de s’adapter à l’isolement social. Il a en outre dû supporter une sorte de reconfiguration en termes de conditions matérielles et sociétales, le tout dans une incertitude intense et inédite. Or, le fait est que le sommeil et le rêve ont joué un rôle actif dans cette adaptation, que ce soit au niveau de la mémoire ou des émotions.