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Les colons de Jamestown ont-ils mangé les chiens des Amérindiens ?

Crédits : Preservation Virginia

Des travaux antérieurs avaient déjà indiqué que les colons de Jamestown, l’une des premières colonies anglaises d’Amérique du Nord, durent composer avec le cannibalisme pour survivre au cours d’une importante période de famine. De nouvelles recherches suggèrent qu’ils sont aussi attaqués aux chiens locaux.

Fondée par les Anglais en Virginie en 1607, Jamestown est connue pour être la première colonie britannique permanente sur le continent américain. Toutefois, l’histoire aurait pu être très différente. En effet, plusieurs navires d’approvisionnements en provenance de Plymouth, qui traversèrent une forte tempête en 1909, n’arrivèrent jamais à Jamestown, dont celui abritant le plus gros de la nourriture. Pendant plusieurs mois, la colonie de Virginie fut donc menacée par la famine, faute de provisions suffisantes. Seulement 60 des 214 colons de Jamestown survécurent.

Des preuves antérieures ont déjà montré que ces colons durent avoir recours au cannibalisme durant cette « Ère de la faim » pour survivre. D’après de nouveaux travaux, ces derniers se seraient également rabattus sur les chiens. Selon Ariane Thomas, de l’Université de l’Iowa, l’analyse de plusieurs ossements déterrés sur place présente en effet des marques de coupe.

Recherche ADN

Dans le cadre de cette étude, l’équipe du Dr Thomas a également prélevé des échantillons d’ADN sur les restes de six de ces chiens découverts au cours des trente dernières années. Seuls deux d’entre eux avaient suffisamment de fragments de séquence pour assembler un génome mitochondrial quasi complet (ADN transmis de la mère à la progéniture).

Ces tests ont révélé que la lignée maternelle des chiens provenait de l’haplotype A1b, qui est associé aux chiens indigènes d’Amérique du Nord. L’équipe n’a pas encore fait de tests pour déterminer la lignée paternelle.

Jamestown chiens
Crédits : Jamestown Rediscovery Foundation Preservation Virginia
Jamestown chiens
Les chercheurs ont pu obtenir de l’ADN de cet os de chien révélant que, du moins du côté de sa mère, ce chien était d’ascendance indigène nord-américaine. Crédits : Jamestown Rediscovery Foundation Preservation Virginia

Les résultats suggèrent que les habitants de Jamestown ont peut-être acquis certains de ces chiens en commerçant ou simplement en interagissant avec des groupes amérindiens. « Sur la base de recherches archéologiques et de documents historiques, Jamestown était un lieu d’interaction entre les colons européens et les communautés autochtones vivant dans la région, probablement les Powhatans« , note le Dr Thomas. « Il est probable que ces chiens accompagnaient des Autochtones pendant que ces personnes visitaient ou vivaient peut-être à Jamestown« .

Notez que ces travaux, présentés lors de la réunion annuelle de l’American Association of Biological Anthropologists, n’ont pas encore fait l’objet d’un examen par des pairs. Ces résultats sont donc encore préliminaires et devront être confirmés. Les chercheurs préparent toutefois actuellement un article en vue d’une publication dans une revue à comité de lecture.