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Cette année, la concentration atmosphérique en CO2 atteindra 150 % de sa valeur préindustrielle

Crédits : StockSnap.

Selon les projections du Met Office, la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone (CO2) devrait à nouveau connaître une hausse notable en cette année 2021. En effet, malgré la pandémie, les rejets de CO2 se poursuivent à un rythme soutenu et continuent ainsi de remplir le réservoir atmosphérique. 

Chaque début janvier, le service météorologique britannique publie une prévision de l’augmentation du CO2 atmosphérique attendue dans l’année. Et pour cause, si la concentration de ce gaz s’élève sans discontinuer depuis le début de l’ère industrielle, l’incrément annuel varie d’une année à l’autre. Pour 2021, les scientifiques prévoient une valeur avoisinant les 416,3 ppm. La station prise pour référence étant celle de Mauna Loa à Hawaï où des mesures très précises sont effectuées de façon continue depuis 1958.

Vers un accroissement notable malgré une phase La Nina

Par rapport aux 414 ppm mesurés en 2020, l’incrément annuel serait donc de 2,3 ppm – le dixième plus important sur les 64 ans de mesures. Une élévation qui apparaît d’autant plus signifiante que nous nous trouvons dans une année La Nina. Ce phénomène naturel se traduit par l’apparition d’eaux plus froides que la normale le long du Pacifique équatorial et d’un régime plus humide au niveau des forêts tropicales. De fait, la capture de carbone par ces dernières est temporairement rendue plus efficace. Mais bien insuffisante pour compenser des émissions anthropiques et une déforestation grandissantes.

CO2
Évolution observée (en noir) et prévue (en rouge) de la concentration en CO2. Les traits noir foncé et en pointillés rouges correspondent à la moyenne annuelle. Enfin, la zone orange signal la marge d’incertitude. Crédits : Met Office.

Dans son évaluation, le Met office précise que – pour cause de cycle saisonnier – la concentration la plus élevée de l’année sera atteinte entre avril et juin. Elle devrait alors dépasser les 417 ppm durant plusieurs semaines. Un niveau supérieur de 50 % à celui de l’époque préindustrielle (278 ppm) souligne le service météorologique britannique. Autrement dit, 150 % de sa valeur du 18e siècle. Notons au passage que les bilans des années précédentes ont montré que ce type de prévision est très fiable.

Quel impact la pandémie a-t-elle eu sur les émissions de CO2 en 2020 ?

« Le CO2 restant dans l’atmosphère pendant très longtemps, les émissions de chaque année s’ajoutent à celles des années précédentes et font que la quantité de CO2 dans l’atmosphère continue d’augmenter » explique Richard Betts, directeur desdites prévisions au Met Office. « Bien que la pandémie de Covid-19 ait entraîné l’émission de 7 % de CO2 en moins dans le monde en 2020 par rapport aux années précédentes, cela s’est tout de même ajouté au cumul dans l’atmosphère. Les émissions sont maintenant presque revenues au niveau d’avant la pandémie (…) ».

Concentration de CO2 au Mauna Loa entre 1958 et 2020. Notez le caractère exponentiel de la hausse (le signal saisonnier étant ici filtré). Crédits : Scripps Institution of Oceanography.

Terminons en indiquant que l’accumulation du dioxyde de carbone se fait de plus en plus rapidement : le tracé de long terme montre en effet une courbe exponentielle. Autrement dit, nous remplissons de plus en plus vite le réservoir atmosphérique. « Il a fallu plus de 200 ans pour que les niveaux augmentent de 25 %, mais maintenant un peu plus de 30 ans plus tard, nous approchons d’une augmentation de 50 % » détaille Richard Betts. « Pour inverser cette tendance et ralentir la hausse du CO2 atmosphérique, il faudra réduire les émissions mondiales. Et pour les arrêter, les émissions mondiales devront être ramenées à zéro net. Cela doit se produire dans les 30 prochaines années environ si le réchauffement planétaire veut être limité à 1,5 ° C » .

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