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En Europe, des dizaines de milliers de personnes veulent devenir astronautes

L'astronaute de l'ESA Thomas Pesquet photographié le 20 juin dernier à l'extérieur de l'ISS. Crédit : NASA

Plus de 22 000 candidatures pour le corps d’astronautes de l’Agence spatiale européenne ont été déposées dans le cadre de la nouvelle campagne de recrutement. Un tel engouement pourrait pousser l’Europe à développer sa propre capacité de vol habité.

Plus de 20 000 candidatures

Il n’y aura que quelques élus, mais que la « récolte » fut bonne ! Dans le cadre de sa nouvelle campagne de recrutement, l’Agence spatiale européenne (ESA) a en effet recueilli 22 589 offres de candidatures (dépôts clôturés le 18 juin). Il y a trois ans, lors du précédent cycle de sélection des astronautes, l’ESA en avait reçu presque trois fois moins (8 413 candidatures).

« Avoir plus de 22 000 candidats, c’est quelque chose ! », a déclaré Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA. « C’est, je dirais, presque un moment historique pour nous que nous ayons autant de candidats souhaitant devenir astronautes. De ce point de vue, je suis plus que satisfait. Je suis extrêmement ravi de ces chiffres ».

L’ESA va maintenant entamer le processus d’évaluation de ces candidatures. Pour rappel, l’agence ne recrute que des postulants ayant au moins Bac+5 en physique, chimie, biologie ou encore en mathématiques. Un très bon niveau en anglais est une excellente condition physique sont également exigés, entre autres compétences.

Au bout du compte, il n’y aura que quelques élus. L’agence prévoit en effet de ne sélectionner que quatre à six nouveaux astronautes de carrière. Ces derniers seront éligibles pour des missions à bord de la Station Spatiale internationale, mais également pour des campagnes dans l’espace profond, dans le cadre des missions Artemis vers la Lune, et plus tard vers la planète Mars.

L’ESA sélectionnera également une vingtaine de « réservistes ». Ces derniers pourront être appelés pour renforcer le corps des astronautes européens en cas de besoin.

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L’astronaute français Thomas Pesquet avant son second vol en direction de l’ISS. Crédits : SpaceX

Vers un programme de vols habités ?

Dans le cadre de cette annonce, Josef Aschbacher a également évoqué l’idée que l’Europe puisse un jour développer sa propre capacité de vol habité, à l’instar des États-Unis, de la Russie de la Chine ou même de l’Inde, selon Spacenews. D’autant que l’Europe disposera dans quelques années d’un nouveau lanceur lourd – Ariane 6 – susceptible de pouvoir supporter ce type de mission.

Ces efforts, a-t-il souligné, ne pourront en revanche être possibles que sous l’impulsion des politiciens. « Nous avons l’expertise. Nous pouvons construire des vaisseaux spatiaux à capacité humaine », avait-il déjà déclaré au Forum de l’air de Paris le 21 juin dernier. « Mais si nous n’investissons pas, nous serons exclus de la course ».