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Cette chimiothérapie pourrait aider le cancer du sein à se métastaser dans les poumons

Crédits : iStock

Une étude menée chez la souris suggère qu’un médicament de chimiothérapie commun peut augmenter la capacité des cellules cancéreuses du sein à se métastaser dans les poumons. Ces molécules semblent en effet modifier les cellules qui tapissent les vaisseaux sanguins dans les poumons, permettant aux cellules cancéreuses d’y pénétrer plus facilement et de s’y accrocher. Ces travaux sont publiés dans l’International Journal of Molecular Sciences.

Une « mise en garde » pour l’utilisation de la chimiothérapie

Le cancer du sein est désormais le plus diagnostiqué dans le monde. Il est également l’une des principales causes de décès chez les femmes : 685 000 en 2020 pour 2,3 millions cas diagnostiqués. Partant du principe que les métastases sont la principale cause de décès par cancer, il est important de comprendre les mécanismes qui en sont à l’origine.

Précédemment, des chercheurs avaient déjà montré que la chimiothérapie, qui permet normalement de lutter contre le cancer, améliore paradoxalement les métastases de manière indirecte en modifiant les cellules non cancéreuses qui affectent à leur tour les cellules cancéreuses. Une nouvelle étude le confirme, soulignant que l’augmentation de l’abondance de ces cellules cancéreuses pourrait être due à une augmentation de l’adhésivité de la paroi vasculaire.

Pour ces travaux, les chercheurs ont des souris saines avec le médicament chimiothérapeutique commun cyclophosphamide (CTX). Ils ont ensuite patienté quatre jours le temps que les sujets métabolisent et excrètent le médicament. Les souris ont ensuite reçu une injection de cellules cancéreuses du sein. Enfin, les chercheurs ont surveillé l’accumulation de ces cellules dans les poumons.

Comparées à un groupe témoin qui n’avait pas reçu de CTX, les souris traitées présentaient effectivement des concentrations plus élevées de cellules cancéreuses dans les vaisseaux sanguins de leurs poumons trois heures après l’injection.

« Le but de notre modèle de prétraitement est de poser la question : la chimiothérapie affecte-t-elle les cellules normales de manière à ce qu’elles se retournent et aident les cellules cancéreuses ? La réponse est oui« , souligne Tsonwin Hai dans un communiqué, évoquant une « mise en garde pour l’utilisation de la chimiothérapie« .

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Des cellules mutantes cancéreuses. Crédits : skeeze / Pixabay

Le mécanisme identifié

D’après les analyses, le médicament semble dans un premier temps augmenter la perméabilité de ces vaisseaux sanguins, altérant leur membrane basale sous-jacente et permettant aux cellules cancéreuses de « se coller » à l’intérieur des vaisseaux.

« Les cellules endothéliales qui tapissent la face interne du vaisseau sanguin sont comme un mur de briques et chaque brique est étroitement collée à la suivante« , poursuit la chercheuse. « Ce que nous avons découvert lorsque nous avons traité des souris avec de la chimiothérapie, c’est que le vaisseau « fuit ». Ainsi, la jonction n’est plus aussi serrée et les cellules cancéreuses peuvent se faufiler à travers la couche de brique« .

D’après l’étude, le remodelage de la membrane basale semble être régulé par une enzyme appelée matrice métalloprotéinase-2 (MMP-2), dont les niveaux ont augmenté après le traitement par le médicament. Cela a eu pour effet d’augmenter l’exposition de deux peptides clés (RGD et YIGSR) au sein de la membrane basale qui se lient tous deux aux récepteurs à la surface des cellules cancéreuses, permettant finalement à ces dernières de s’accrocher.

En adhérant à la paroi interne, ces cellules envahissantes évitent alors d’être évacuées par le sang et peuvent donc s’installer dans les poumons.