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Année noire pour l’Amazonie brésilienne : la déforestation se poursuit à un niveau record

Crédits : NASA/JPL.

La déforestation continue de progresser à grande vitesse en Amazonie brésilienne. Et les projections pour les mois à venir laissent craindre le pire. En somme, une année noire qui risque de décupler les tensions déjà bien présentes en raison de la circulation croissante du Covid-19 dans la zone.

Le mois de mai dernier a connu une perte de surface boisée de 830 km² selon les données satellitaires de l’INPE. Une valeur inédite pour un mois de mai depuis le début du suivi opérationnel en 2015. Par rapport à l’an passé, la perte a augmenté de 12 %. Cette situation est généralisable aux cinq premiers mois de l’année, laquelle cumule déjà un défrichement supérieur à 2000 km². Il s’agit d’une hausse de 34 % par rapport à la même période en 2019.

Ceci survient alors que nous entamons à peine la saison où le recul est le plus important. Et pour cause, l’intervalle s’étendant de juin à octobre correspond en gros à la saison sèche en Amazonie. De fait, les pratiques de déforestation faisant usage du feu sont plus destructrices. Au point de pouvoir déclencher des incendies désastreux, comme cela a pu être le cas courant 2019. « Nous sommes confrontés à un scénario de catastrophe totale pour l’Amazonie » appréhende ainsi Mariana Napolitano, scientifique au bureau du WWF brésilien.

Déforestation : une année 2020 qui s’annonce à nouveau critique

Selon les projections de l’Amazon Environmental Research Institute, 9000 km² de forêt tropicale auront été défrichés et soumis au brûlis d’ici la fin du mois d’août. En comparaison, la valeur observée sur l’entièreté de l’année 2019 s’élève à 9170 km². On peut donc s’attendre à connaître une situation tout aussi critique – voire pire – sur le front du défrichage et/ou des incendies.

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Image d’illustration. Crédits : Wikimedia Commons.

Tandis que les inquiétudes montent au sujet du recul de la forêt amazonienne, les regards tendent à se tourner vers le président brésilien Jair Bolsonaro. Plus précisément, de nombreux activistes rappellent sa propension à « laisser faire », en encourageant par exemple l’agriculture ou l’exploitation sur des terres jusque-là protégées. « Le gouvernement a clairement exprimé son mépris total pour l’environnement, la forêt et la vie des peuples brésiliens » rapporte Cristiane Mazzetti, porte-parole de l’ONG Greenpeace.

On notera que la perspective d’une année 2020 noire risque d’aggraver les tensions déjà bien présentes liées au Covid-19. Dans le pays, la propagation du virus s’est en effet accélérée depuis plusieurs semaines et les structures hospitalières saturent. On dénombre plus de 43 000 morts à ce jour. Aussi, l’arrivée d’un air pollué par les fumées issues d’incendies de grande ampleur rendrait la situation réellement ingérable. Le supplément de maladies respiratoires dues aux feux de forêt risquant de submerger complètement les structures hospitalières.

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