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Allemagne : une bévue concernant le vaccin de Pfizer rappelle le défi que représente sa logistique

Crédits : Pikist

En pleine campagne de vaccination contre le SARS-CoV-2, les allemands ont été témoins d’une bévue dans la logistique du vaccin de Pfizer. Plusieurs cantons d’une région du pays n’ont pas reçu leur dose pour la première semaine de campagne. En cause ? Une rupture dans la chaîne du froid.

Une chaîne du froid cruciale

Le dimanche 27 décembre 2020, l’Allemagne débutait sa campagne de vaccination contre le coronavirus, tout comme la France. Sans surprise, il s’agissait du vaccin Pfizer/BioNTech, dont les conditions de transport et de stockage sont exigeantes. Or, le premier jour de la campagne, sept cantons de Bavière dans le sud-est de l’Allemagne n’ont pas reçu leurs vaccins. Ainsi, les habitants de ces localités n’ont pas pu se faire vacciner dès la première semaine.

La cause de cet incident n’est autre qu’une rupture dans la chaîne du froid. Rappelons que le vaccin en question – à ARN messager (ARNm) – doit faire l’objet d’un stockage à des températures plutôt extrêmes, à savoir entre -60 et -80°C. Or, il s’agit de températures proches de celles de l’Antarctique ! En tout cas, cette bévue rappelle l’importance de la chaîne du froid et plus généralement, de la logistique autour du vaccin.

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Crédits : Grook Da Oger / Wikipédia

Des vaccins fragiles

Les vaccins à ARNm ont des avantages en matière de développement, notamment en ce qui concerne la facilité de conception. En revanche, leur fragilité est leur plus grand défaut, trouvant sa source dans la présence d’enzymes dans le vaccin. Celles-ci ont pour mission de détruire l’ARN messager – un code génétique temporaire – une fois sa mission effectuée. Toutefois dans le cas d’un vaccin, il incombe que la molécule contenant l’ARNm reste parfaitement stable en attendant le moment de l’injection.

Les laboratoires ont différentes techniques pour stabiliser l’ARNm. Ce dernier passe par un « enrobage », c’est à dire une stabilisation structurelle puis un « emballage », à savoir le placement dans une molécule lipidique. En effet, l’ARNm n’est pas injecté à nu. Néanmoins, ces manipulations ne suffisent pas car il incombe de réduire la température afin de figer l’ARNm dans le temps. Les enzymes sont donc en pause et ne risquent pas de le détériorer.

Cette stabilisation ultime est valable lorsque les vaccins se trouvent entre -60 et -80°C. En général, le stockage se fait dans des congélateurs spéciaux à neige carbonique. Après décongélation, le temps est compté : il reste seulement cinq jours avant de procéder à l’injection. Effectivement, l’activité des enzymes reprend avec la hausse de la température. Assurer une logistique précise et efficace est donc une nécessité.