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Le site de Stonehenge amplifiait les sons à l’intérieur du monument

Crédits : simonwakefield / Wikipédia

Une étude acoustique nous révèle que les sons produits à l’intérieur du cercle de pierres de Stonehenge étaient amplifiés, parfois jusqu’à 20 %. Il aurait également été compliqué d’entendre quoi que ce soit pour quiconque se trouvant juste à l’extérieur.

Le site de Stonehenge, au sud de l’Angleterre, interroge les historiens et archéologues depuis des siècles. Cependant, l’instrumentation moderne permet aujourd’hui de lever le voile sur plusieurs mystères non résolus.

Côté structure, nous savons notamment que les plus petites pierres bleues (cercle intérieur de Stonehenge) ont été prélevées à l’ouest du Pays de Galles, à environ 225 km du site. L’origine des plus grosses pierres (sarsens), dont la plus grande mesure neuf mètres de haut et pèse près de 25 tonnes, était en revanche restée longtemps inconnue. Une étude publiée en juillet a finalement conclut que ces pierres provenaient du site néolithique de West Woods, situé à vingt-cinq kilomètres au nord du monument.

L’acoustique de Stonehenge

Plus récemment, des chercheurs se sont intéressés à la dynamique sonore de Stonehenge. Des recherches antérieures ont été effectuées sur l’acoustique du site, mais elles étaient incomplètes. Ces travaux comprennent des mesures sonores prises sur ce qu’il reste de Stonehenge aujourd’hui et sur une réplique du site faite de blocs de béton. Une autre étude s’est également appuyée sur un modèle informatique du monument.

Dans le cadre de ces nouveaux travaux, l’acousticien Trevor Cox et son équipe ont construit un modèle réduit du site à l’échelle 1:12e grâce à une imprimante 3D, de manière à pouvoir la tenir dans la chambre acoustique de l’Université de Salford (Angleterre). Les chercheurs ont ensuite simulé les effets acoustiques du paysage ouvert entourant Stonehenge, et reproduit la structure du sol à l’intérieur du monument.

Enfin, l’équipe a placé des haut-parleurs et des microphones à divers endroits à l’intérieur et juste à l’extérieur de la structure. Chaque haut-parleur émettait des sons dont les fréquences ont été modulées de manière à reproduire la manière dont les sons naturels se comportent à l’intérieur du véritable site de Stonehenge.

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Un modèle à l’échelle 1:12 de Stonehenge. Crédits : Cox et al.2020/Journal of Archaeological Science

Des sons amplifiés de 10 à 20 %

Malgré les écarts entre chaque pierre et l’absence de toit, les chercheurs ont découvert que les sons persistaient à l’intérieur de la structure. Le temps de réverbération, une mesure du temps nécessaire au son pour se décomposer de 60 décibels, était en moyenne d’environ 0,6 seconde à l’intérieur du modèle pour les sons de moyenne fréquence.

Cet effet, explique l’acousticien, amplifiait de 10 à 20 % les voix et améliorait le son de toute musique jouée à l’intérieur même de la structure. Ces discours ou ces musiques auraient également eu du mal à se projeter au-delà du site, peut-on lire.

On ne sait pas encore précisément pourquoi ce monument a été érigé. Certains suggèrent que Stonehenge aurait pu servir pour des rituels religieux, quand d’autres évoquent un calendrier astronomique, avec différents points correspondant à des phénomènes astrologiques tels que des solstices, des équinoxes et des éclipses.

Difficile de dire si l’acoustique du site a donc été une priorité ou non pour les architectes qui en sont à l’origine. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle étude « montre que le son était assez bien contenu à l’intérieur le monument et, par implication, que le site était assez bien isolé des sons entrants », conclut le chercheur. Entendre certains sons circulant à l’intérieur de l’ancien monument devait être « l’une des expériences fondamentales de Stonehenge ».