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Mystère résolu : nous savons d’où viennent les rochers de Stonehenge

Crédit: Andre Pattenden

L’origine des plus grosses pierres utilisées pour construire Stonehenge a fait l’objet de nombreux débats pendant des siècles. Une nouvelle analyse chimique de ces rochers vient de régler la question une bonne fois pour toutes.

Le site néolithique de Stonehenge, au sud de l’Angleterre, interroge les historiens et archéologues depuis des siècles. Comment a-t-il été construit ? À quoi servait-il ? D’où viennent ces imposants rochers ?

Si nous savons que les plus petites pierres bleues (cercle intérieur de Stonehenge) ont été prélevées à l‘ouest du Pays de Galles, à environ 225 km du site, l’origine des plus grosses pierres (connues sous le nom de sarsens), dont la plus grande mesure neuf mètres de haut et pèse près de 25 tonnes, est en effet longtemps restée mystérieuse.

Une étude publiée mercredi dans la revue Science Advance résout finalement le mystère.

À 25 kilomètres au nord de Stonehenge

Dans le cadre de ces travaux, David Nash et son équipe, de l’Université de Brighton, ont usé de nouvelles techniques.

Une analyse aux rayons X a dans un premier temps permis de déterminer que ces roches étaient toutes composées à 99% de silice. “Cela nous a montré que la plupart de ces pierres ont une chimie commune. Cela nous a confortés dans l’idée que nous devions chercher une source principale, probablement située dans la région“, explique David Nash.

Pour déterminer le reste des éléments proposés (le dernier 1%), les chercheurs ont utilisé un spectromètre de masse pour examiner deux carottes prélevées sur l’une des pierres obtenues lors des travaux de restauration en 1958.

Cette signature résultante a ensuite été comparée à celle de pierres disséminées sur vingt sites sources potentiels. Finalement, c’est le site néolithique de West Woods, dans le comté britannique du Wiltshire, qui semble le mieux correspondre.

Plus précisément, cinquante des cinquante-deux sarsens de Stonehenge (96%) partagent une signature chimique avec ceux retrouvés sur ce plateau situé à vingt-cinq kilomètres au nord du monument.

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Un sarsen retrouvé à West Woods. Crédits : Katy Whitaker

Des pierres importées il y a 4 500 ans

Que la région de West Woods soit à l’origine des pierres de Stonehenge est tout à fait plausible. Après tout, nous savons que ce plateau de 6 km2, riche en sarsens, est habité depuis la période mésolithique, il y a au moins il y a 8000 ans .

De plus, “sa position topographique sur les hauteurs au sud de la rivière Kennet et sa proximité relative avec la plaine de Salisbury [l’emplacement de Stonehenge] en auraient également fait un endroit efficace pour obtenir les sarsens“, écrivent les chercheurs.

En outre, les chercheurs ont également déterminé que ces rochers avaient été importés en même temps que les célèbres pierres bleues du Pays de Galles, environ 2 500 ans avant notre ère. On ne sait pas comment les premiers Britanniques ont pu transporter des rochers aussi lourds sur 25 kilomètres. Toutefois, l’idée dominante est qu’ils ont été traînés.

Par quel itinéraire ?

Les chercheurs ont également étudié les chemins par lesquels ces pierres auraient pu être transportées. Selon eux, une première route longeant la rivière Avon, et une seconde traversant la vallée de Pewsey, seraient les itinéraires les plus probables. On peut les visualiser sur la carte ci-dessous.

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Crédits : David Nash / Université de Brighton

Il demeure une interrogation sur les deux dernières pierres étudiées qui ne proviennent pas de West Woods. En effet, leur origine n’a toujours pas pu être déterminée. Notez également que nous disposons aujourd’hui de cinquante-deux pierres. Or, il y en avait à l’origine quatre-vingts. Là encore, d’où proviennent les 28 pierres manquantes ? “Nous ne le saurons probablement jamais“, estime David Nash.

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