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Un poisson-dragon rare observé dans les profondeurs du Pacifique

Crédits : MBARI

Au cours d’une expédition menée au large de la Californie, des biologistes marins sont tombés sur un poisson-dragon particulièrement rare à l’aspect cuivré. Jusqu’à présent, les scientifiques n’ont repéré qu’une poignée d’individus vivants.

Depuis trois décennies, les chercheurs du Monterey Bay Aquarium Research Institute (MBARI) parcourent les profondeurs de la Californie au moyen de véhicules télécommandés (ROV), tombant parfois sur quelques surprises. Ces équipes sont notamment à l’origine des premières images d’une baudroie abyssale de Johnson (Melanocetus johnsonii) filmées en 2014. Il y a trois ans, ces chercheurs étaient également tombés sur une défense de mammouth gisant à plus de 3000 mètres de profondeur.

Plus récemment, les équipes du MBARI ont repéré une autre espèce tout à fait particulière : un poisson-dragon à hautes nageoires de l’espèce Bathophilus flemingi.

Un prédateur à l’apparence cuivrée

En ichtyologie, le nom vernaculaire poisson-dragon désigne plusieurs espèces de poissons de l’ordre des Stomiiformes, se trouvant dans les eaux profondes de la zone mésopélagique. Ce poisson en particulier a été trouvé à environ 300 mètres de profondeur.

« Ce sont des animaux tout simplement incroyables. Une partie de leur attrait est leur motif de couleur« , détaille Bruce Robison, responsable de l’équipe de recherche. « Les écailles de ce poisson-dragon scintillent d’une teinte bronze métallique qui ne ressemble à aucun autre poisson vivant dans les profondeurs marine« .

D’après les chercheurs, les pigments conférant à ce poisson une peau d’apparence cuivrée pourraient être une forme de camouflage. Ces nuances absorbent en effet les restes de lumière bleue qui pénètrent jusqu’à ces profondeurs, rendant le poisson quasi invisible dans son environnement. « Cependant, quand nous braquons nos lumières blanches dessus, c’est tout simplement magnifique« , ajoute le biologiste.

Ce type de camouflage permet à ce poisson de se nourrir de petits poissons et crustacés. Comme c’est souvent le cas en grandes profondeurs, ces malheureuses proies sont attirées par un filament bioluminescent, agissant comme un leurre. Lorsque ces proies s’approchent suffisamment, le prédateur, qui chasse en embuscade, n’a plus qu’à ouvrir ses grandes mâchoires pleines de dents et se servir. Notez que ce poisson-dragon s’appuie également sur ce leurre bioluminescent pour éviter d’être mangé.

« De nombreux prédateurs chassent en regardant vers le haut pour essayer de repérer la silhouette ou les ombres de leur proie à la lumière des eaux au-dessus« , détaille le biologiste. « Pour se fondre dans un fond lumineux, le poisson-dragon a une série d’organes lumineux qui tapissent ses deux flancs. Ces organes lumineux correspondent à la couleur et à l’intensité de la lumière au-dessus, gommant ainsi sa silhouette aux yeux des prédateurs« .