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Un vaccin nasal contre Alzheimer entame un essai clinique

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Des chercheurs sont sur le point d’entamer un essai clinique qui testera l’innocuité et l’efficacité d’un nouveau vaccin administré par voie nasale destiné à prévenir et à ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer.

Le Brigham and Women’s Hospital du Massachusetts vient d’annoncer le lancement d’un essai clinique pour un vaccin nasal contre la maladie d’Alzheimer. Rappelons que la maladie touche directement ou indirectement près de 50 millions de personnes dans le monde. L’étude représente l’aboutissement de près de vingt années de recherche menée par le Dr Howard L. Weiner, codirecteur du Ann Romney Center for Neurologic Diseases à Brigham.

« Le lancement du premier essai humain d’un vaccin nasal contre la maladie est une étape remarquable« , a-t-il déclaré dans un communiqué. « Au cours des deux dernières décennies, nous avons amassé des preuves précliniques suggérant le potentiel de ce vaccin nasal. Si les essais démontrent que l’approche est sûre et efficace, cela pourrait représenter un traitement non toxique pour les personnes atteintes d’Alzheimer. Il pourrait également être administré tôt pour aider à prévenir la maladie chez les personnes à risque« .

Si nous n’avons pas encore une compréhension précise de ce qui cause la maladie en premier lieu, deux phénomènes cérébraux sont en revanche bien décrits. L’accumulation dans le cerveau de peptides bêta-amyloïdes d’une part et la transformation des protéines Tau en des formes anormalement phosphorylées et agrégées. Ensemble, ces deux conditions favorisent progressivement la dégénérescence neuronale des patients.

Des recherches antérieures ont également souligné que nos propres défenses pouvaient jouer un rôle clé.

Concrètement, ce vaccin « exploitera un nouveau bras du système immunitaire » pour tenter d’éliminer les plaques bêta-amyloïdes dans le cerveau, détaille Tanuja Chitnis qui codirige cet essai.

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Crédits : KatarzynaBialasiewicz / iStock

Le Protollin en agent principal

Le vaccin s’appuie sur un médicament appelé Protollin. Il s’agit d’un agent intranasal expérimental composé de protéines dérivées de bactéries. Ce médicament a déjà été utilisé en toute sécurité dans divers vaccins, mais comme adjuvant. Autrement dit, il était ajouté au sérum dans le but de rendre les autres ingrédients plus efficaces.

Ici, les chercheurs tenteront d’évaluer l’efficacité de Protollin en tant que véritable médicament. Cependant, en tant qu’essai de phase I, le véritable objectif sera de mesurer l’innocuité et le degré de tolérance du vaccin, déterminer la dose optimale et évaluer les effets secondaires potentiels.

L’essai impliquera seulement seize participants âgés de 60 à 85 ans, tous atteints de la maladie d’Alzheimer à un stade précoce. Tous vont recevoir deux doses du vaccin administrées par voie nasale à une semaine d’intervalle.