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Une simple pilule pourra-t-elle bientôt guérir le diabète de type 2 ?

Crédits : TheDigitalWay / Pixabay

Certaines personnes peuvent guérir du diabète de type 2 avec un pontage gastrique. Il peut en revanche y avoir des effets secondaires néfastes, comme l’apparition d’hernies, d’infections, de caillots sanguins, d’ulcères qui dans les cas les plus graves peuvent amener la mort. Serait-il alors possible que des patients diabétiques puissent bénéficier des mêmes avantages de la chirurgie, mais sans passer sur la table d’opération ?

Des chercheurs américains de Brigham and Women’s Hospital (BWH) pensent être sur la bonne voie pour comprendre comment faire. Revenons sur le pontage gastrique : cette chirurgie « réduit » la taille de l’estomac d’une personne en bloquant une grande partie de l’organe. Les chirurgiens font de même avec l’intestin grêle. Avec un estomac qui ne peut maintenant contenir qu’une très petite quantité de nourriture, les patients ne peuvent plus « trop » manger. De plus, parce que la nourriture ne circule plus dans tout l’intestin grêle, le corps n’absorbe pas autant de nutriments : il s’ensuit logiquement une perte de poids.

Les personnes atteintes de diabète de type 2 ont des niveaux anormalement élevés de glucose sanguin. La consommation alimentaire joue un rôle majeur dans ce taux, et la perte de poids est un moyen de le traiter efficacement. Ainsi, les personnes bénéficiant d’un pontage gastrique peuvent perdent du poids et inverser leur diabète. Sur le papier tout semble logique, mais beaucoup de médecins ne sont pas convaincus par cette approche et pointent du doigt les possibles effets collatéraux d’une telle chirurgie. L’équipe du Brigham and Women’s Hospital propose ici une alternative.

La pilule – testée sur des rats – serait prise avant les repas pour enduire temporairement la muqueuse de l’intestin, permettant à la nourriture de passer à travers sans être complètement absorbée dans le corps. Dans l’heure qui suit son administration, le composé aurait réduit de 47 % la réponse au glucose après le repas des rats. Il s’agit plus précisément d’une substance connue sous le nom de sucralfate, un médicament approuvé par la FDA qui est utilisé dans le traitement des ulcères gastro-intestinaux. « Ce que nous avons développé ici est essentiellement une chirurgie dans une pilule », explique Yuhan Lee, principal auteur de l’étude dans un communiqué de presse. « Nous avons utilisé une approche de bio-ingénierie pour formuler une pilule qui a de bonnes propriétés d’adhérence et qui peut se fixer sur l’intestin. Après quelques heures, ses effets se dissipent ».

Pour l’heure, la pilule n’a été testée que sur des rats. Les chercheurs ambitionnent maintenant de pouvoir entamer les premiers essais cliniques. « Nous pourrions tester la pilule chez l’homme d’ici un à deux ans », note le chercheur. « Dans les trois à cinq prochaines années, elle pourrait être disponible ». Ainsi, et si tout se passe bien, une simple pilule pourrait un jour remplacer le pontage gastrique pour inverser le diabète de type 2.