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Un premier bison sauvage né au Royaume-Uni depuis des milliers d’années

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Crédit : Donovan Wright

En juillet dernier, trois bisons femelles ont été réintroduits dans une réserve du Kent, au Royaume-Uni, des milliers d’années après l’extinction de leur espèce dans la région. L’une d’elles était gestante, ce que les responsables du parc ignoraient.

Le bison d’Europe (Bison bonasus Linnaeus) est un cousin du bison américain. Très commune durant la préhistoire, l’espèce a bien failli s’éteindre à cause de la chasse. Désormais protégés, ces animaux sont peu à peu réintroduits sur le continent grâce à des programmes d’élevage. Récemment, en juillet dernier, trois femelles ont été transférées dans le Kent, au Royaume-Uni, dans le cadre du projet Wilder Blean.

Cette expérience, développée par le Kent Wildlife Trust (KWT) vise à étudier la manière dont les bisons peuvent agir en tant qu’ingénieurs de l’écosystème. En effet, les systèmes naturels du Royaume-Uni sont comme ailleurs menacés d’effondrement, tandis que le nombre d’animaux sauvages continue de chuter. Les espèces autrefois associées à la campagne britannique ont même pratiquement disparu. Les techniques de conservation traditionnelles échouant et la gestion humaine ne suffisant pas à créer les types d’habitats dont la faune a besoin, certains misent sur une approche « plus sauvage ». Dans ce cas précis, en consommant des écorces, les bisons tueront certains arbres, favorisant ainsi la création de puits de lumière, tandis que d’autres plantes verront le jour grâce à dispersion des graines par les fientes. À terme, ces bisons pourraient donc favoriser la biodiversité dans la région en attirant insectes, reptiles, oiseaux et autres chauves-souris.

Grossesse surprise

Jusqu’alors, seules trois femelles équipées de colliers de suivi avaient été relâchées. Elles sont désormais quatre. En effet, le 9 septembre, alors que les gardes forestiers n’avaient pas vu l’une des femelles pendant plusieurs jours, ils ont été surpris de découvrir que celle-ci venait finalement de mettre bas.

Le fait que cette grossesse soit passée inaperçue n’est pas quelque chose de rare. Il est en effet généralement difficile de détecter une grossesse chez les bisons, car ils ont évolué pour la dissimuler dans le but se protéger des prédateurs.

La naissance n’a pas été annoncée immédiatement en raison du décès de la reine Elizabeth II le 8 septembre. Entre-temps, ils ont pu confirmer que la jeune femelle était en bonne santé.

Les quatre femelles seront bientôt rejointes par un jeune mâle venu d’Allemagne. Son arrivée a été retardée par des complications d’importation liées au Brexit. Dès lors, tous profiteront d’un terrain de cinquante hectares (contre cinq actuellement). À terme, le site pourrait accueillir jusqu’à dix bisons s’épanouissant dans une zone d’environ deux cents hectares.

Il est également question que ces bisons soient bientôt rejoints par d’autres espèces, dont l’Exmoor, l’une des plus anciennes races de chevaux du monde, et la Longhorn, une race bovine britannique. Leurs comportements favoriseront également la gestion du paysage.