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Un crustacé parasite très rare retrouvé dans un musée !

Crédits : Université d'Hokkaido

Au Japon, des chercheurs ont retrouvé un crustacé parasite très rare dans un musée universitaire. Or, celui-ci était passé inaperçu durant une dizaine d’années ! Le crustacé se trouvait en effet dans un spécimen de requin prélevé en mer de Chine orientale il y a presque vingt ans.

La découverte d’un crustacé rare totalement par hasard

Les muséums d’Histoire naturelle ont des spécimens dont les informations échappent parfois aux chercheurs au moment de leur ajout aux collections. Ainsi, les scientifiques peuvent mener des études ultérieures, mais certaines découvertes sont faites totalement par hasard. Dans un communiqué publié le 17 novembre 2020, des biologistes de l’Université d’Hokkaido (Japon) témoignent d’une telle découverte. Cette dernière a d’ailleurs fait l’objet d’une publication dans la revue Species Diversity.

Les chercheurs disent avoir découvert un spécimen d’Elthusa splendida lors du conditionnement des poissons du Centre des sciences halieutiques du Musée de l’Université d’Hokkaido. Ce crustacé parasite appartient à la famille des Cymothoidae. Les chercheurs l’ont découvert dans la gueule d’un Squalus japonicus, un spécimen prélevé en 2003 en mer de Chine et depuis, conservé dans du formol.

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Crédits : Université d’Hokkaido

Peu de spécimens déjà observés

Pour les biologistes nippons, cette découverte est très intéressante. En effet, l’espèce Elthusa splendida est extrêmement rare. Rappelons le fait que la famille des Cymothoidae rassemble plus de 300 espèces. En revanche, celles évoluant dans les profondeurs sont mal connues et très difficiles à prélever. L’espèce dont il est question ici est d’ailleurs la moins connue de toutes. Selon les chercheurs, seuls cinq spécimens ont fait l’objet d’une description en 1981. À l’époque, ces spécimens provenaient d’un Aiguillat de Cuba, un requin des profondeurs capturé au sud du Brésil.

Afin d’identifier le crustacé, les biologistes ont comparé les caractéristiques morphologiques du parasite avec celles présentes dans la toute première description. Or, la seule caractéristique permettant cette identification est la présence de quatre fosses sur le premier segment de sa tête. Les chercheurs ont pu confirmer que les individus de l’espèce Elthusa splendida parasitent la cavité buccale de leur hôte et se fixent à leur palais.

Par ailleurs, les chercheurs de l’étude ont pu actualiser les données relatives à l’aire de répartition de l’espèce. Les crustacés de 1981 et 2003 ont été retrouvés dans deux régions très éloignées l’une de l’autre. Pour les biologistes, l’espèce de crustacé pourrait bénéficier d’une répartition globale. Suite à cette découverte, les chercheurs conseillent aux autres experts d’être vigilants concernant les spécimens présents dans les musées. Il y a peut-être d’autres découvertes à faire !