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Un alliage en titane très commun inquiète l’aéronautique !

Crédits : BEA

Un rapport révèle une enquête menée à propos d’un incident grave ayant abouti sur l’atterrissage d’urgence d’un avion au Canada en 2017. Les enquêteurs estiment qu’un alliage de titane en particulier pourrait poser problème. Très présent dans toute l’industrie, l’alliage en question pourrait être remplacé.

À la recherche de preuves

Le 30 septembre 2017, un incendie grave a causé l’atterrissage d’urgence d’un Airbus A380 à Goose Bay (Canada). À bord de ce vol Paris – Los Angeles, pas moins de 521 passagers ont eu la frayeur de leur vie. Au-dessus du Groenland, la partie frontale de l’un des quatre moteurs de l’avion (un GP7000 de General Electric et Pratt & Whitney) s’est désintégrée progressivement.

Comme l’explique Bloomberg dans un article du 30 septembre 2020, le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) a enquêté sur cet incident durant ces trois dernières années. L’objectif ? Comprendre s’il s’agissait défaut de conception ou bien d’un oubli lors de la maintenance. Pour cette enquête, il leur a fallu se rendre au Groenland à la recherche de débris, une entreprise ayant duré pas moins de 21 mois sous des conditions extrêmes.

Un alliage incriminé

Les recherches ont permis de retrouver à trois mètres sous la glace une pièce manquante clé du moyeu du ventilateur du moteur. Or, cette pièce est fabriquée dans un alliage de titane connu sous le nom de Ti-6-4. Apprécié pour son ratio poids/résistance, cet alliage est très présent dans l’industrie aéronautique depuis les années 1970.

Et pourtant, l’alliage a fini par se briser et causer l’incident. Selon les enquêteurs, une fissure est apparue sous la surface de l’objet. Celle-ci serait la conséquence d’un phénomène que les scientifiques appellent “cold dwell fatigue”, c’est-à-dire une fatigue du métal face au froid. Les auteurs du rapport estiment par ailleurs que l’alliage Ti-6-4 pourrait voir son statut changer dans le monde de l’aéronautique.

pièce retrouvée glace avion
Crédits : BEA

De la chance dans leur malheur

Le constructeur avait d’abord évoqué un problème de maintenance, mais la Federal Aviation Administration (FAA) a insisté pour réaliser une inspection sérieuse des réacteurs potentiellement suspects. Pour le BEA, il s’agit pour les constructeurs de mieux connaître cette usure particulière du titane afin de la prendre en compte dans la conception de nouvelles pièces et appareils. Pour les enquêteurs, ce qui est arrivé à l’avion de Goose Bay a une part de malchance, mais cette usure est bien réelle et ne peut pas être ignorée.

Les passagers et le personnel à bord de cet avion n’ont pas été si malchanceux. En effet, un autre rapport à propos de ce vol indique qu’au moment de l’explosion, les débris du moteur ont fait l’objet d’une projection verticale. En cas de projection horizontale, les débris auraient pu causer des dégâts terribles synonymes de fin mortelle pour l’avion.