Un virus fossile apparu il y a 1,5 million d’années dans le génome humain déterminerait le sexe des enfants. La théorie, on ne peut plus sérieuse, a récemment fait l’objet d’une publication dans la revue Nature.

Fille ou garçon ? Et si le sexe du bébé était en fait déterminé, non pas par un régime spécial ou par une position X ou Y du Kamasutra, mais par un virus présent dans les chromosomes sexuels ? Chez l’homme comme chez les autres mammifères, le sexe de l’enfant dépendrait en effet de l’expression d’un virus fossile présent dans nos gènes depuis plus d’1 million d’années (ce qui est relativement récent à l’échelle de l’histoire de l’humanité). Telles sont les conclusions d’une équipe de chercheurs de l’Université de Yale récemment détaillées dans la très sérieuse revue scientifique Nature.

Notre génome n’est pas à 100 % humain. Il est d’ailleurs aujourd’hui admis qu’environ 8 % de notre génome provient de virus qui auraient infecté nos ancêtres en des temps anciens, il y a des milliers d’années. Et selon nos chercheurs, ces virus influenceraient l’expression de ces gènes. Notre sexe, comme celui de tout autre mammifère, serait ainsi déterminé par la modification d’un fragment de ces virus vieux d’1,2 million d’années et depuis incrustés dans le chromosome sexuel X.

Pour avancer de telles conclusions, les chercheurs ont observé chez la souris qu’aux tout premiers stades de la fécondation, un virus influencerait le devenir du chromosome X. Selon leurs observations, quand les gènes du virus sont actifs, l’expression du chromosome X reste normale : mâles et femelles naissent alors à des taux égaux dans la population de souriceaux. Mais une fois les gènes du virus inactifs, les mâles sont alors deux fois plus nombreux que les femelles. En d’autres termes, en fonction de l’expression ou du silence du virus fossile, l’avantage serait donné au genre féminin ou masculin.

Qu’est-ce qui inactive le virus ? L’environnement. Un mécanisme dit « épigénétique », plus précisément : une liaison méthyle est ajoutée à l’adénine, l’un des 4 nucléotides qui forment les paires de base de l’ADN (avec la cytosine, la guanine et la thymine). Une découverte importante puisque c’est la première fois que l’on constate chez les mammifères une modification sur une autre base que la cytosine et entraînant une interruption de l’expression d’un gène.

Notez que la nature est tout de même bien faite, puisqu’en 2013, il est né en France un peu plus de 400 000 garçons pour 380 000 filles, et en 2014 399 000 garçons pour 381 000 filles.

Source : Futurasciences