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Des scientifiques ont découvert que le poisson-zèbre était capable de synthétiser son propre « écran total »

Crédits : Azul / Wikipédia

Une nouvelle étude est venue démontrer que le poisson-zèbre était en mesure de se protéger du soleil en synthétisant par lui-même son propre « écran total ». Il s’agit d’une découverte historique venant mettre fin à d’anciennes croyances et qui pourrait, dans l’avenir, servir à la conception de nouvelles crèmes protectrices.

Ce n’est désormais plus un secret pour personne, une exposition prolongée aux rayons du soleil sans protection adéquate peut causer des dommages importants à la peau et accélérer le vieillissement cellulaire. En revanche, ce dont nous sommes généralement moins conscients, c’est que cette règle est également valable pour la quasi-totalité du règne animal et végétal. Face à ce constat, une question se pose alors naturellement à nous : pourquoi certains animaux sont-ils en mesure de rester des heures au soleil sans en subir le moindre préjudice alors que d’autres doivent s’en prémunir ?

Jusqu’à présent les scientifiques pensaient que tous les vertébrés trouvaient leurs « molécules anti-UV » dans leur nourriture. Une hypothèse aujourd’hui battue en brèche par une récente étude publiée dans la revue eLife qui a réussi à démontrer que de nombreux animaux pouvaient — en théorie — synthétiser par eux-mêmes leur propre « écran total ».

Cette « découverte inattendue », nous la devons à une équipe de chercheurs de l’université d’État de l’Oregon (États-Unis). Alors qu’il était connu depuis longtemps que les algues, les coraux, ainsi que certains invertébrés étaient en mesure de synthétiser leurs propres molécules anti-UV, il était en revanche insoupçonné que des vertébrés puissent en faire de même. Pourtant, les scientifiques ont réussi à mettre en évidence, chez le poisson-zèbre, l’existence de gènes responsables de la production d’une enzyme appelée gaduasol. Il s’agit d’une molécule ayant pour vocation de protéger ces animaux marins du rayonnement solaire qui, malgré la profondeur des fonds océaniques, peut tout de même les atteindre. En outre, le fait que les scientifiques aient réussi à détecter ces gènes dès le stade embryonnaire permet d’exclure la théorie de l’alimentation et laisse plutôt penser que leur présence serait le fruit d’une évolution ancienne.

Face à ces résultats, l’équipe de chercheurs a ensuite tenté de savoir si d’autres espèces de vertébrés étaient en mesure de synthétiser cette molécule. Ils ont ainsi eu la surprise de constater que les gènes responsables de la production du gadusol étaient également présents chez de nombreuses espèces d’amphibiens, de reptiles et d’oiseaux. « La capacité à faire du gadusol, qui a été initialement découvert dans les œufs de poissons, a clairement une valeur évolutive pour se retrouver dans autant d’espèces », a déclaré Taifo Mahmoud, principal auteur de l’étude. « Nous savons qu’il offre une protection UV-B, ce qui en fait un très bon écran solaire. Mais il pourrait aussi jouer un rôle d’antioxydant, être impliqué dans la réponse au stress, dans le développement embryonnaire et dans d’autres fonctions. ». Ces gènes servent-ils donc à protéger tous les animaux qui en sont porteurs contre les rayonnements solaires ? Pour le moment, rien ne permet de l’affirmer avec certitude. C’est pour cette raison que la prochaine étape de la recherche consistera à établir de façon précise le rôle que joue le gadusol chez chacune de ces espèces.

Par ailleurs, cette étude a permis pour la première fois d’observer et de reproduire la biosynthèse de cette molécule anti-UV. Une avancée majeure qui pourrait servir, dans le futur, à l’élaboration de nouvelles crèmes solaires naturelles destinées cette fois-ci aux êtres humains.

Sources : Sciences & AvenirTimeFox News