pollinisateur abeille
Crédits : RugliG / iStock

Les rendements agricoles baissent en raison du déclin des insectes pollinisateurs

Une étude menée aux États-Unis vient de confirmer un phénomène redouté depuis déjà quelques années. Nous en sommes désormais certains : le déclin des insectes pollinisateurs est à l’origine d’une baisse des rendements agricoles. Faut-il craindre pour la sécurité alimentaire mondiale ?

Au moins un tiers des champs sont concernés

En fin d’année 2023, une étude stipulait que le chocolat et le café pourraient devenir des produits de luxe dans le cas où les pollinisateurs continuent de décliner. Publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution le 3 juillet 2024, une autre étude confirme une tendance qui ne se limite pas à ces deux denrées. Selon les chercheurs du Département d’écologie, de l’évolution et des ressources naturelles de l’Université Rutgers (États-Unis), au moins un tiers des exploitations agricoles dans le monde souffrent d’un manque de pollinisateurs.

Les auteurs ont analysé les rendements de plus de 1 500 champs sur les six continents. Ces données ont été croisées avec d’autres résultant de l’analyse de l’évolution de la fréquentation des cultures agricoles par les insectes. Cela a été possible grâce à une base de données d’observation de terrain qui couvre trois décennies et recense environ 200 000 visites sur des fleurs cultivées.

Selon les résultats, entre un tiers et deux tiers des exploitations agricoles incluent des champs dont le rendement n’est pas aussi élevé qu’il pourrait l’être. En cause : une fréquentation insuffisante par les pollinisateurs. Or, si cette baisse de fréquentation concernait auparavant beaucoup plus certaines cultures comme le café, les myrtilles et les pommes, la situation actuelle est plus grave. L’étude fait état de baisses de rendement au sein de 25 cultures différentes dans plus des trois quarts des pays observés.

pollinisateur papillon
Crédits : Bombyx / iStock

Pollinisateurs : une situation pas encore irréversible

Dans un futur plus ou moins proche, de nombreux fruits, légumes, légumineuses et autres noix pourraient ainsi disparaître de nos assiettes. Seules les céréales devraient subsister sur le long terme puisque leur reproduction sexuée repose principalement sur le vent et les animaux qui s’en nourrissent. Il va sans dire qu’un régime quotidien à base de viande et blé ou riz causerait des carences importantes chez la plupart des humains.

« Si vous regardez une liste de cultures et que vous pensez aux fruits et légumes que vous avez le plus envie de manger, comme les baies d’été ou les pommes et les courges en automne, ce sont les cultures qui ont généralement besoin d’être pollinisées par des insectes », a déclaré Katie Turo, la principale auteure de l’étude.

Heureusement, la situation n’est pour l’instant pas irréversible. Selon les chercheurs américains, les agriculteurs peuvent encore rendre leurs champs plus productifs en accordant davantage d’attention aux pollinisateurs. Rappelons tout de même que ces insectes (abeilles, papillons, mouches, etc.) assurent à eux seuls la reproduction d’environ 88 % des plantes à fleurs du monde et de 76 % des principales cultures alimentaires mondiales.

Yohan Demeure

Rédigé par Yohan Demeure

Licencié en géographie, j’aime intégrer dans mes recherches une dimension humaine. Passionné par l’Asie, les voyages, le cinéma et la musique, j’espère attirer votre attention sur des sujets intéressants.