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Que devient donc l’énorme iceberg qui s’est détaché de l’Antarctique il y a 3 ans ?

Image satellite de l'iceberg au 5 juillet 2020. Crédits : Copernicus Sentinel data / ESA.

Le 12 juillet 2017, l’iceberg A-68 – l’un des plus gros jamais recensés – se détachait de la barrière de glace du Larsen C en péninsule Antarctique. Aussi, cela fait 3 ans que le mastodonte dérive dans les eaux de l’hémisphère sud. Comment et à quel point le bloc de glace a-t-il évolué durant ce laps de temps ? 

Rappel sur la genèse de l’iceberg A-68

Tout a commencé durant l’année 2014 avec l’apparition d’une imposante fracture dans la plateforme glaciaire. Au fil des mois et des années qui ont suivi, la cavité s’est développée avec régularité jusqu’à atteindre le bord du Larsen C courant 2017. Le 12 juillet, le phénomène aboutissait à la scission totale et définitive d’une partie de la plateforme : l’iceberg A-68 était né. Ses dimensions initiales se chiffraient à 200 kilomètres de long pour 350 mètres de haut. Autrement dit, un spécimen très plat.

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Iceberg A-68 peu après son détachement. Crédits : ESA / Copernicus Sentinel data.

Le bloc de glace possédait alors une surface de 5800 km². Pour donner un ordre d’idées, il s’agit d’une surface équivalente à deux fois celle du Luxembourg. La perte d’une telle quantité de glace aura fragilisé et redessiné le Larsen C pour toujours. Et pour cause, le processus de fragmentation a réduit l’effet d’arc-boutant que joue la barrière de glace – lequel consiste à ralentir l’écoulement glaciaire du continent vers l’océan. De fait, si l’iceberg en tant que tel ne joue pas sur le niveau de la mer, les modifications survenues ultérieurement au niveau de la calotte favorisent sa hausse.

Un lent déclin à l’entrée des eaux sud-atlantiques

Qu’est devenu A-68 depuis lors ? Dans un récent communiqué, l’agence spatiale européenne (ESA) indique que l’iceberg se situe désormais à 1050 kilomètres de sa position initiale. Plus précisément, il a commencé à pénétrer dans les eaux de l’Atlantique sud, transitant non loin des Îles Orcades du Sud.

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Crédits : ESA.

Au cours de son parcours, le mastodonte s’est allégé. En particulier, il s’est séparé de deux blocs de glace. L’un très tôt après son détachement – nommé A-68B – et l’autre bien plus tard, en avril 2020 – nommé A-68C. Avec la poursuite de son déplacement vers des latitudes plus chaudes, la fonte et la fragmentation vont s’accélérer. Un destin inéluctable pour une très grande partie des icebergs.

La carte ci-dessus illustre sa dérive entre le 12 juillet 2017 et le 5 juillet 2020. On constate un mouvement initial très lent lié à la présence d’une banquise jouant le rôle de frein. Par ailleurs, la carte affiche les trajectoires de tous les icebergs détectés entre 1978 et 2019. On y distingue un schéma moyen à courbure horaire dû à l’influence de la circulation océanique dominante dans la région – i. e. d’ouest en sortie de continent.

Enfin, notons que ce suivi très précis est rendu possible grâce aux observations fournies par les satellites. Lesquels participent ainsi à la surveillance continue de l’environnement planétaire. Une source d’information précieuse quand on sait le danger que peut constituer la présence d’un tel objet pour la navigation maritime.